Des médicaments initialement conçus pour le diabète de type 2 et l'obésité, comme l'Ozempic, pourraient avoir une conséquence inattendue sur les habitudes de consommation des Français. Plusieurs patientes rapportent une diminution spectaculaire de leur envie d'alcool après quelques mois de traitement. « Après six mois de traitement sous Ozempic, je ne bois quasiment plus », témoigne l'une d'elles, citée dans une enquête consacrée à l'économie du vin.
Ce phénomène, encore peu documenté, suscite l'attention des professionnels du secteur viticole. Si les traitements de la classe des agonistes du GLP-1 réduisent l'appétit et modifient le rapport à la nourriture, ils semblent aussi atténuer le désir d'alcool chez certains patients. Un effet qui s'ajoute à une tendance de fond : la déconsommation d'alcool observée en France depuis plusieurs années, particulièrement chez les jeunes générations.
Les chiffres du marché français du vin sont déjà orientés à la baisse. La consommation régulière recule, portée par des préoccupations de santé publique, des campagnes de prévention et une évolution des modes de vie. L'arrivée massive de ces traitements sur le marché pourrait accélérer ce mouvement, selon les analystes du secteur. Le nombre de prescriptions ne cesse d'augmenter, et les autorités sanitaires suivent de près l'usage détourné de ces molécules à des fins de perte de poids.
Interrogés, des médecins appellent toutefois à la prudence. Les données sur la réduction de la consommation d'alcool liée à ces traitements restent limitées et reposent largement sur des témoignages de patients. Des essais cliniques sont en cours pour évaluer précisément l'impact de ces molécules sur les addictions, y compris l'alcoolodépendance. Certains travaux préliminaires suggèrent une baisse des envies compulsives, mais les mécanismes biologiques restent mal compris.
Pour les viticulteurs, la question est sensible. Le vin occupe une place culturelle et économique majeure en France, et toute modification durable des comportements de consommation représente un enjeu stratégique. Les professionnels observent déjà une fragmentation du marché, avec une montée en puissance des vins sans alcool ou à faible teneur, portée par une demande de modération.
Reste à savoir si l'effet Ozempic se confirmera à grande échelle. Une chose est sûre : la question de la place de l'alcool dans la société française continue de se transformer, entre impératifs de santé, nouvelles habitudes et innovations thérapeutiques.