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Le designer Shaun Wellens imagine le terminal P1 pour la série Severance

Le designer Shaun Wellens a conçu un ordinateur fictif, le P1 Terminal, inspiré de l’univers de la série Severance, entre rétro-futurisme et références aux premiers ordinateurs partagés.

Le designer Shaun Wellens a imaginé le P1 Terminal, un ordinateur conceptuel inspiré de l’univers de la série Severance. Ce terminal, présenté sous forme de rendus en images de synthèse, s’inscrit dans la continuité des appareils aux coques crème et aux petits écrans lumineux qui ont fait le succès esthétique de la production, et notamment des terminaux MDR installés sur l’étage « sectionné » de Lumon.

Le P1 est présenté comme un ordinateur partagé, pensé pour des personnes vivant dans un espace collectif. Sa coque blanche cassée est fermée comme un coquillage, et son écran rappelle les anciens tubes cathodiques à luminophore. Au centre de la base trône une boule de commande bleue, une trackball bien visible qui constitue l’élément le plus coloré de l’appareil. Wellens explique s’être inspiré d’un ordinateur utilisé pour soutenir des expériences à bord de la navette spatiale, le GRiD Compass, un modèle en magnésium conçu par Bill Moggridge et embarqué sur la Columbia en 1983 sous le nom de SPOC.

Le designer a également construit une histoire fictive autour de son objet. Selon ce récit, le P1 aurait été lancé en 1972 par une entreprise imaginaire, Push / Pull, pour des habitants de communautés souterraines appelées « pockets ». Il y gérait le courrier, des forums d’affichage et les achats. Commercialement peu performant, l’appareil aurait néanmoins été adoré de ses utilisateurs, au point de donner naissance à une suite. Wellens reconnaît avoir intégré volontairement des défauts dans ses créations fictives, afin que des ingénieurs imaginaires puissent les corriger dans une version ultérieure.

Le P1 se distingue aussi par son bras articulé, qui permet de faire pivoter, incliner et replier le terminal, une solution pratique dans un espace commun restreint. Dans une des images, le câble descend du plafond, évoquant une installation murale. Cette configuration rapproche l’appareil d’un téléphone public ou d’un terminal de bibliothèque plus que d’un ordinateur personnel.

Cette fiction s’appuie sur des repères historiques réels. En août 1973, le Community Memory Project installait un terminal public de messagerie dans un magasin de disques de Berkeley, avant que d’autres bornes n’apparaissent dans des bibliothèques et des laveries de la ville. Dix ans plus tard, la France distribuait gratuitement des terminaux Minitel permettant de faire ses achats, ses opérations bancaires et de échanger des messages depuis son domicile. Le service s’est arrêté en 2012.

Wellens a également réalisé une fausse publicité d’époque, avec un titre en caractères empattés au-dessus d’une photographie du produit. Il a déjà imaginé un autre objet fictif, le Kriket 3000, un petit robot rétro en couleurs pastel. Le designer, qui conçoit des machines pour une époque qui n’a jamais existé, pourrait ainsi trouver sa place dans la réflexion esthétique de la série.