La Russie a de nouveau frappé la capitale ukrainienne dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre, faisant au moins trois morts et huit blessés. Ces explosions interviennent après une brève accalmie de deux jours, observée lors de la visite des émissaires américains à Moscou et à Kiev. Selon les autorités militaires locales, il s'agit d'une attaque massive combinant missiles et drones.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a immédiatement réagi en appelant à une réunion associant l'Ukraine, la Russie et les États-Unis dès ce mois de septembre. Cette demande fait suite aux déplacements des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Dans un entretien à Axios, le chef de l'État ukrainien a indiqué que le Kremlin s'était montré « prêt à discuter » et a évoqué la possibilité d'une « désescalade » pour l'hiver, malgré la reprise des bombardements sur sa capitale.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a dénoncé une « attaque massive et horrible contre Kiev ». Il a estimé que les « missiles balistiques » russes en disaient « plus long que ses discours sur la diplomatie ». Cette nouvelle salve intervient alors que les signaux diplomatiques semblaient s'améliorer, illustrant la contradiction entre les ouvertures affichées et la poursuite des opérations militaires sur le terrain.
Face à cette menace, les alliés européens renforcent leur soutien. Les États membres de l'Union européenne ont validé un accord permettant à l'Ukraine d'utiliser une partie d'un prêt de 90 milliards d'euros pour acheter des intercepteurs destinés aux systèmes de défense aérienne Patriot. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué cette dérogation qui doit permettre l'acquisition de « matériels cruciaux » pour protéger le ciel ukrainien.
L'Allemagne a également annoncé l'envoi de missiles Patriot provenant des stocks de la Bundeswehr, sans préciser le nombre ni le calendrier de livraison. Le Royaume-Uni prévoit de son côté de débloquer 100 millions de livres, soit environ 116,5 millions d'euros, afin de fournir avant l'hiver des moyens de défense aérienne à Kiev, dont des missiles Patriot. Volodymyr Zelensky espère par ailleurs rencontrer Donald Trump après le 20 septembre pour aborder les livraisons d'intercepteurs américains.
Sur le terrain, la situation reste contrastée. La centrale nucléaire de Zaporijjia a été reconnectée au réseau électrique après près de trois semaines de fonctionnement grâce à des réserves de diesel. Une trêve négociée par l'Agence internationale de l'énergie atomique a permis de réparer la seule ligne électrique encore en service alimentant le site. Parallèlement, les tensions s'étendent aux relations entre Moscou et plusieurs pays européens, la Hongrie ayant annoncé l'expulsion de dix employés de la représentation russe pour des activités jugées incompatibles avec leur statut diplomatique, une décision à laquelle Moscou a promis une réponse « sévère et douloureuse ».