La disponibilité des ordinateurs monocarte, ces petites cartes utilisées par les bricoleurs, les makers et certains développeurs, devient un problème sérieux. Dans une analyse publiée sur Hackaday, l’auteur juge que les pénuries de 2026 sont pires que celles connues auparavant et qu’aucune sortie rapide de crise ne se dessine. Pour lui, il est temps de regarder au-delà des modèles habituels.
La flambée des prix des mémoires vives est au cœur du phénomène. Ces hausses frappent durement l’offre de cartes monocarte, dont beaucoup reposent sur des composants mémoire dont le coût a fortement augmenté. Le stock de la Zero 2W, très populaire, est en grande partie épuisé, et son prix a sensiblement progressé. L’auteur évoque aussi une hypothèse, non démontrée à ce stade, selon laquelle des drones utilisés dans le conflit russe-ukrainien recourraient à des cartes grand public de ce type, ce qui pourrait peser sur les stocks.
Face à cette situation, l’auteur conseille de vérifier les listes de cartes prises en charge par les projets Armbian et DietPi. Le fait qu’une carte figure dans ces listes indique qu’elle bénéficie d’un bon support logiciel, ce qui limite les mauvaises surprises au moment de l’installation. Il cite notamment la Banana Pi M4, dont le prix dépasse une centaine d’euros, et l’Orange Pi Zero 2W, autour de 50 euros, comme exemples de solutions de remplacement.
L’auteur souligne aussi l’intérêt du brochage du connecteur à 40 broches popularisé par Raspberry Pi, devenu une sorte de standard informel. Beaucoup de cartes reprennent ces emplacements pour les bus I2C, UART et SPI, ce qui facilite le passage d’une carte à l’autre. Cette compatibilité a toutefois ses limites. La Radxa Zero v1.5, par exemple, présente des conflits sur les broches GPIO liés à la pénurie de SoC, et certaines fonctions propres à Raspberry Pi manquent ailleurs, comme la sortie RGB parallèle ou le pilotage direct de LED WS2812.
Les clones du format Compute Module sont une autre piste. Apparus après les pénuries de Compute Module du début des années 2020, ils se font aujourd’hui plus rares et coûtent environ 200 euros. Certains proposent davantage de mémoire vive que les cartes d’entrée de gamme. Pour adapter le matériel, l’auteur recommande les overlays DeviceTree issus de cartes utilisant le même SoC, qui fonctionnent souvent d’une carte à l’autre.
Il met enfin en garde contre certains pièges : les puces Wi-Fi SDIO intégrées à certaines cartes peuvent se révéler peu fiables, et l’usage d’une clé USB Wi-Fi est alors conseillé. Le support de la caméra et de l’écran DSI varie fortement selon les fabricants. L’auteur, qui développe un projet de palmtop destiné à fonctionner avec jusqu’à dix cartes différentes, prévoit de publier sur Hackaday une série de tutoriels consacrés aux DeviceTree, afin d’aider les lecteurs à adapter leurs projets à un marché devenu plus incertain.