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« Una splendida rovina » : Vincenzo Latronico explore la crise de la métropole contemporaine

Dans son nouveau livre à paraître chez Einaudi, l'écrivain Vincenzo Latronico raconte sa quête d'alternatives à la vie urbaine, entre un monastère français et un palazzone abandonné près de la Baltique.

Dans son nouvel ouvrage intitulé « Una splendida rovina », l'écrivain italien Vincenzo Latronico interroge les limites de la vie métropolitaine contemporaine et explore des manières alternatives d'habiter le monde. Le livre, attendu en septembre chez Einaudi, s'appuie sur une expérience personnelle : celle d'un séjour dans un monastère en France, où l'auteur a découvert un mode de vie offrant ce que la ville ne procure plus.

Ce lieu, décrit comme un espace où l'on expérimente un rapport différent à l'habitat, propose en effet un accès à de grands espaces à faible coût, un temps libéré de la pression financière et une communauté hétérogène propice aux rencontres. Pour Latronico, cette expérience monastique agit comme un révélateur : elle met en lumière ce qui manque cruellement aux citadins d'aujourd'hui, pris dans l'étau des loyers élevés, des rythmes de travail soutenus et de l'isolement social.

Fort de cette révélation, l'écrivain a tenté de transposer ce modèle dans un contexte bien différent : un grand immeuble désaffecté situé près de la mer Baltique. Le projet, ambitieux, visait à créer une réalité similaire à celle du monastère français, en réinvestissant un espace urbain abandonné pour en faire un lieu de vie partagé et abordable. Latronico raconte sans détour l'échec de cette entreprise, dont il tire une matière narrative riche sur les difficultés concrètes de repenser l'habitat collectif.

Ce récit s'inscrit dans une réflexion plus large sur la crise des métropoles, marquées par la spéculation immobilière, la précarité des jeunes générations et l'érosion des liens communautaires. En confrontant l'idéal monastique à la réalité d'un squat organisé dans le nord de l'Europe, l'auteur met en évidence les obstacles pratiques, juridiques et humains qui se dressent face à toute tentative de réinvention du vivre-ensemble.

Vincenzo Latronico, connu pour ses essais et fictions qui scrutent les mutations de la société contemporaine, livre ici un texte hybride, entre récit personnel et analyse culturelle. Il y interroge la possibilité même d'un autre rapport à l'espace, au temps et à autrui, loin des injonctions de la performance urbaine. Son expérience balte, bien que soldée par un échec, devient le point de départ d'une méditation sur ce que pourrait être une vie bonne en dehors des cadres établis.

Avec « Una splendida rovina », Latronico ne propose pas de solution toute faite, mais esquisse une cartographie des désirs et des tentatives qui traversent ceux qui cherchent à échapper à la standardisation des existences citadines. Le monastère français et le palazzone balte apparaissent dès lors comme les deux pôles d'une même aspiration : retrouver une souveraineté sur son propre mode de vie, à travers des espaces où l'économie de marché ne dicte plus seule les règles du jeu.