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Julia Lohmann présente à Londres des sculptures en algues qui imaginent un futur au-delà de l’humain

À Londres, la designer Julia Lohmann expose cinq sculptures en algues disposées en cercle dans le cadre de l’exposition « More than Human ». Une installation centrale, « Kelp Council », invite les visiteurs à prendre part à une conversation imaginaire entre organismes marins.

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Julia Lohmann présente à Londres des sculptures en algues qui imaginent un futur au-delà de l’humain
Eugène Samuel Grasset (1841 - 1917) Details on Google Art Project · Public domain · rights

À Londres, la designer allemande Julia Lohmann présente au Design Museum une série de sculptures en algues qui proposent une autre manière de penser le design, au-delà de la seule perspective humaine. Cinq pièces sont disposées en cercle dans l’exposition « More than Human », présentée en 2025. Au centre de l’espace, l’installation « Kelp Council » met en scène l’idée d’organismes marins réunis pour discuter de leur environnement, et les visiteurs sont invités à se joindre à cette conversation.

Le travail de Julia Lohmann est associé depuis plus de vingt ans à une réflexion sur les matériaux vivants. Née en Allemagne, elle s’est fait connaître en 2004 avec « Waltraud Cow-Bench », un banc en cuir façonné en forme de vache. Cette pièce figure aujourd’hui dans la collection du MoMA, à New York. En 2013, elle a obtenu une résidence au Victoria and Albert Museum, à Londres, et elle a fondé le Department of Seaweed, une initiative de recherche consacrée aux algues dans le design. Cette structure lui permet de prolonger, sur la durée, une démarche qui relie fabrication, observation du vivant et questions environnementales.

Les sculptures présentées à Londres reposent sur une méthode précise. Des peaux translucides d’algues sont tendues sur des structures nervurées, et la matière elle-même participe à la forme finale. Dans « Kombu Ahtola », réalisée en 2020, l’algue se déshydrate et se contracte en séchant, ce qui contribue à façonner la structure de l’œuvre. Le projet « Hidaka Ohmu », également de 2020, prend une dimension architecturale : il s’agit d’un pavillon d’environ six mètres dont les panneaux en algues translucides filtrent la lumière, transformant l’espace intérieur en une atmosphère changeante.

Ce travail s’inscrit dans un intérêt croissant des designers pour les algues comme matériau de substitution. Les forêts de kelp abritent des habitats marins complexes, et l’essor de leur récolte soulève des questions écologiques encore ouvertes. La démarche de Julia Lohmann consiste justement à explorer l’usage de ces algues tout en cherchant à préserver les milieux dont elles sont issues. Les recherches menées autour de cette matière visent ainsi à concilier exploitation et protection, un équilibre que le secteur du design cherche encore à définir.

Plusieurs de ses œuvres ont déjà circulé dans les institutions internationales. « Oki Naganode » a été présentée en 2013 au V&A de Londres puis au MoMA. En 2023, « Corpus Maris II » et « Hidaka Ohmu » ont été exposées au Frankfurter Kunstverein, à Francfort. Cette présentation londonienne s’inscrit également dans le chapitre « POSTHUMAN UTOPIAS » de designboom, réalisé en partenariat avec INDX|GLOBAL, qui explore des visions du design dépassant le cadre centré sur l’humain.

Au fil de ces expositions, le projet de Julia Lohmann dessine une continuité : du banc en cuir de 2004 aux pavillons translucides, la designer déplace progressivement le point de départ de la création, du besoin humain vers les propriétés propres d’un organisme marin. Le titre « Kelp Council » suggère ce renversement de perspective, en donnant la parole, de façon symbolique, aux algues elles-mêmes.