Meta a présenté cette semaine un nouvel objet connecté au design volontairement attendrissant : le Muse, un petit « charme » doté d'un écran affichant un avatar mignon, que son fondateur Mark Zuckerberg a comparé à un concentré de technologie. « Nous avons embarqué beaucoup de technologie dans ce petit bonhomme », a-t-il déclaré devant un public réuni à San Francisco.
L'appareil, qui rappelle les Tamagotchis par son format et son esthétique, se présente comme une alternative plus douce aux lunettes connectées de la marque, récemment critiquées. Selon Meta, le Muse peut répondre aux courriels, réserver des voyages ou effectuer les courses hebdomadaires de son utilisateur. Autant de fonctions qui le positionnent à mi-chemin entre l'assistant personnel et l'objet de compagnie.
Le choix du « mignon » n'est pas anodin. En misant sur un avatar attendrissant plutôt que sur une interface technique, Meta cherche à désarmer les réticences suscitées par ses précédents produits. L'épisode des lunettes connectées, qualifiées de « perverses » par une partie de l'opinion, a montré combien l'acceptation sociale des technologies portables reste fragile. Le Muse déplace le débat : il ne s'agit plus de porter une caméra sur son visage, mais d'adopter un petit compagnon numérique au foyer.
Cette stratégie s'inscrit dans une tendance plus large, où les géants de la tech habillent leurs services d'une apparence inoffensive pour mieux les installer dans le quotidien. L'avatar du Muse sert de façade familière à un ensemble de fonctions reposant sur l'intelligence artificielle : compréhension du langage, exécution de tâches, accès à des services tiers. Derrière la peluche électronique, c'est bien une infrastructure logicielle complète que Meta déploie.
Reste à savoir si le public suivra. Les objets de compagnie connectés ont connu des fortunes diverses, entre engouement initial et abandon rapide. Le Muse devra prouver son utilité réelle au-delà de son charme, notamment en matière de protection des données personnelles, un point sensible pour Meta. La capacité de l'appareil à accéder aux courriels et aux comptes de réservation suppose en effet une confiance que l'entreprise n'a pas toujours inspirée.
Avec ce lancement, Meta teste une nouvelle manière d'introduire l'intelligence artificielle dans les foyers : non pas par la performance brute, mais par l'attachement affectif. Le « petit bonhomme » de Zuckerberg pourrait bien devenir un cas d'école, que son adoption soit massive ou que son apparente innocence suscite à son tour la méfiance.