Des juges français ont ouvert une information judiciaire pour crime de guerre à la suite d’une plainte visant l’armée israélienne au Liban. Le plaignant, l’artiste franco-libanais Ali Cherri, a annoncé mardi 3 novembre l’obtention de cette procédure à Paris. Il y voit « une nouvelle étape dans notre combat contre l’impunité et pour rendre justice aux morts ».
Ses deux parents ont été tués dans une frappe israélienne à Beyrouth en novembre 2024. Le bombardement, qui a visé la capitale libanaise, est au cœur de la plainte déposée par l’artiste, dont les parents ont été tués dans cette attaque. L’ouverture d’une information judiciaire signifie que des magistrats vont désormais instruire le dossier, rassembler des éléments et déterminer s’il existe des charges suffisantes. À ce stade, aucune mise en cause formelle n’apparaît dans les informations disponibles.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte de forte tension militaire au Moyen-Orient. Le Liban est le théâtre d’opérations israéliennes depuis plusieurs mois, et les frappes menées dans les zones urbaines sont régulièrement contestées par des particuliers et des organisations qui réclament des comptes. En saisissant la justice française, le plaignant s’appuie sur le fait que des victimes de ces attaques possèdent la nationalité française ou ont un lien avec la France, ce qui permet aux juridictions françaises de se saisir du dossier.
Le plaignant, qui fait du combat contre l’impunité le fil conducteur de sa démarche, entend faire reconnaître la responsabilité des auteurs de ce bombardement. Son action vise moins une réparation immédiate qu’une reconnaissance judiciaire des faits, sur laquelle il fonde l’espoir que les responsables de frappes ayant touché des civils rendent des comptes. Le calendrier de l’enquête n’a pas été précisé, et une instruction de ce type s’étend généralement sur plusieurs années, en fonction de la coopération internationale nécessaire pour recueillir des preuves sur un théâtre d’opérations étranger.
Les autorités israéliennes n’ont pas été citées dans les informations disponibles au moment de la publication de cet article. Aucune réaction officielle de l’État israélien concernant cette procédure française n’a été rapportée à ce stade.