La suite de « Practical Magic » a finalement décollé à 46 millions de dollars de recettes mondiales pour son premier week-end d'exploitation. Le film, porté par Sandra Bullock et Nicole Kidman, a récolté 30 millions de dollars en Amérique du Nord et 16 millions à l'international, selon les chiffres définitifs du box-office.
Cette performance confirme la nature profondément américaine de cette propriété des années 1990. Le premier volet, sorti en 1998, avait déjà connu un accueil modeste avant de devenir un film culte au fil des rediffusions et des visionnages domestiques. Warner Bros et Alcon misent donc largement sur le marché domestique pour rentabiliser cette suite, dont le démarrage nord-américain reste toutefois en deçà des prévisions les plus optimistes.
Le lancement international de 16 millions de dollars s'avère en effet inférieur aux estimations initiales, qui tablaient sur une fourchette comprise entre 18 et 23 millions. Ce différentiel suggère que le pouvoir d'attraction de Bullock et Kidman, figures emblématiques du cinéma hollywoodien des années 1990 et 2000, ne se traduit pas uniformément sur tous les territoires. Les marchés européens et asiatiques, où le film a été distribué simultanément, n'ont pas répondu avec l'enthousiasme escompté.
Aux États-Unis, le film a pris la première place du classement hebdomadaire avec 30 millions de dollars issus de 4 146 salles. Ce score le place dans la partie basse des attentes pour une production de cette envergure, portée par deux stars et un budget marketing conséquent. Le bouche-à-oreille, élément déterminant pour la longévité d'un film en salles, sera crucial dans les semaines à venir pour déterminer si « Practical Magic 2 » parvient à compenser ce démarrage timide.
Le premier « Practical Magic », réalisé par Griffin Dunne, racontait l'histoire des sœurs Owens, deux sorcières confrontées à une malédiction familiale. Le film avait rapporté environ 46 millions de dollars aux États-Unis et 68 millions dans le monde pour un budget estimé à 75 millions. Sa réputation s'est considérablement améliorée avec le temps, notamment grâce à sa diffusion télévisée et à sa place dans la culture populaire des années 1990. Cette suite intervient donc dans un contexte de nostalgie assumée pour les productions de cette décennie.
La stratégie de Warner Bros et Alcon consistait précisément à capitaliser sur cet attachement générationnel. Le retour de Sandra Bullock et Nicole Kidman, qui n'avaient plus partagé l'affiche depuis le premier volet, constituait l'argument principal de la campagne promotionnelle. Les deux actrices, aujourd'hui parmi les personnalités les plus respectées d'Hollywood, ont participé à une tournée médiatique importante pour soutenir la sortie.
Malgré ce démarrage en demi-teinte, le film conserve des atouts. La période automnale, traditionnellement propice aux films familiaux et fantastiques, pourrait lui offrir une carrière en salles plus longue que prévu. Les recettes internationales, bien que décevantes, représentent un potentiel de rattrapage sur les marchés où le film n'a pas encore été lancé ou bénéficie d'une sortie progressive.
Le box-office mondial du week-end reste dominé par cette production, ce qui témoigne d'une offre relativement limitée en termes de grosses sorties concurrentes. Cette situation pourrait permettre à « Practical Magic 2 » de maintenir une présence durable dans les classements, à condition que les spectateurs qui découvrent le film en parlent favorablement autour d'eux.
Pour Warner Bros, ce résultat s'inscrit dans une année contrastée, où les succès et les déceptions se succèdent selon les genres et les budgets. La question de la viabilité des suites de films cultes des années 1990 reste ouverte : si la nostalgie attire un public fidèle, elle ne garantit pas nécessairement une audience plus large, notamment à l'international où les références culturelles diffèrent.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Le film devra faire face à l'arrivée de nouvelles sorties, qui pourraient accaparer l'attention du public et réduire le nombre de salles qui lui sont consacrées. La performance finale de « Practical Magic 2 » dépendra de sa capacité à fidéliser les spectateurs au-delà du premier week-end, un défi que les comédies fantastiques réussissent parfois mieux que les grosses productions d'action grâce à leur public familial.