Donald Trump veut continuer à rebaptiser des étendues d'eau. Après avoir déjà renommé deux étendues d'eau au nom de l'Amérique, le président des États-Unis a déclaré qu'il aimerait faire de même avec l'océan Atlantique, mais que le patron de Google s'y est opposé.
Lors d'un meeting à l'université de Clemson, en Caroline du Sud, mardi soir, Trump a raconté à la foule qu'il avait appelé Sundar Pichai, le directeur général de Google, pour lui demander de modifier le nom de l'océan Atlantique sur Google Maps. Selon le récit du président, le dirigeant du groupe aurait repoussé la demande.
« Je n'aime que deux... », a lancé Trump devant ses partisans, selon des propos rapportés par plusieurs médias américains, sans que la phrase soit citée dans son intégralité. Le président a déjà rebaptisé deux étendues d'eau après l'Amérique, une initiative qui s'inscrit dans une série de décisions symboliques visant à marquer l'espace public et les cartes du nom du pays.
La requête auprès de Google illustre la volonté de Donald Trump d'étendre cette pratique aux outils numériques grand public. Google Maps, utilisé par des centaines de millions de personnes dans le monde, fait figure de référence pour la toponymie en ligne. Une modification du nom de l'océan Atlantique y aurait des répercussions bien au-delà des États-Unis, puisque le service est consulté sur tous les continents.
Le refus prêté à Sundar Pichai n'a pas été confirmé publiquement par Google. Le groupe n'a pas commenté les propos du président à ce stade. La déclaration de Trump lors du meeting de Clemson intervient dans un contexte où les grandes plateformes technologiques sont régulièrement mises en cause par les responsables politiques américains, qu'il s'agisse de modération des contenus, de concurrence ou de représentation des territoires.
Le nom des océans relève d'usages établis de longue date et d'organisations internationales, ce qui rend une modification unilatérale sur une plateforme privée particulièrement sensible. Les cartes numériques reprennent généralement les dénominations reconnues par les instances géographiques et les autorités locales, avec des adaptations selon les pays et les langues.
Pour Donald Trump, cette demande s'ajoute à une série d'annonces et de gestes symboliques destinés à son électorat. Le meeting de Caroline du Sud, dans une université connue pour son engagement sportif et étudiant, s'inscrivait dans un cycle de déplacements politiques. Le président y a repris ses thèmes habituels, mêlant références à la souveraineté nationale et critiques des grandes entreprises technologiques.
L'épisode montre aussi la place particulière occupée par Google dans le débat public américain. Ses services de cartographie, de recherche et de vidéo en ligne sont devenus des infrastructures du quotidien, ce qui en fait une cible naturelle pour les responsables politiques souhaitant peser sur la représentation du monde. Une demande de changement de nom, même refusée, suffit à alimenter la conversation.
Reste à savoir si l'anecdote aura une suite. Aucune démarche officielle n'a été annoncée auprès de Google ni auprès des organismes chargés de la toponymie. Pour l'heure, l'océan Atlantique conserve son nom sur les cartes, et la requête présidentielle demeure, selon le récit de Trump lui-même, une conversation privée avec le dirigeant du groupe californien.