Sayed Abu Farchi, attaquant de la sélection israélienne, a été expulsé lors de la rencontre de Ligue des nations face à l'Autriche, jeudi soir à Linz, après avoir célébré son but d'une manière jugée polémique par l'arbitre bulgare Georgi Kabakov. L'attaquant des Colorado Rapids, en MLS, venait d'égaliser à 1-1 à la 55e minute de jeu, d'une tête au second poteau, pour sa deuxième sélection avec les A.
Mais trois minutes plus tôt, il avait déjà reçu un carton jaune. Sa célébration, au cours de laquelle il s'est accroupi pour mimer un coup de billard — ou un tir de fusil, selon l'interprétation —, a immédiatement entraîné un second avertissement, synonyme d'exclusion. L'arbitre n'a pas expliqué publiquement son choix, mais il semble avoir retenu la seconde lecture du geste.
La scène a été largement diffusée sur les réseaux sociaux et a suscité de vives réactions, dans un contexte de conflit israélo-palestinien particulièrement tendu. Sur son compte Instagram, le joueur a partagé les images de son carton rouge, accompagnées de la chanson « Y que fue ? » de Don Miguelo, dont les paroles disent en substance : « Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu n'as rien fait. »
Il s'avère que Sayed Abu Farchi n'en est pas à son premier geste de ce type. En février dernier, toujours selon son compte Instagram, il avait déjà réalisé une célébration similaire après un but inscrit avec le Maccabi Tel Aviv, dans le championnat israélien. Cette fois-là, la référence au billard semblait plus explicite.
L'expulsion a pesé lourd sur la suite du match. Réduite à dix, la sélection israélienne a subi la pression autrichienne et s'est finalement inclinée 3-1, l'Autriche évoluant en supériorité numérique pendant plus de trente minutes. Ce revers complique l'entame de la Ligue des nations B pour Israël, qui restait sur une dynamique encourageante.
Le débat sur l'interprétation du geste ne devrait pas s'éteindre de sitôt. Pour certains observateurs, il s'agissait d'une simple imitation d'un coup de billard, une célébration déjà utilisée par le joueur par le passé. Pour d'autres, le geste évoquait un tir de fusil, ce qui expliquerait la sanction immédiate de l'arbitre. Saïd Ennjimi, ancien arbitre international français, a estimé sur L'Équipe que la sanction était justifiée de toute façon, l'arbitre ayant appliqué le règlement de manière stricte face à une célébration équivoque.
Cette affaire intervient dans un climat déjà lourd autour des rencontres impliquant Israël. Les questions de sécurité et de symboles politiques accompagnent régulièrement les matchs de la sélection israélienne, et les instances sportives tentent de maintenir un cadre strictement sportif. La Ligue des nations, compétition récente de l'UEFA, sert de cadre à ces rencontres à enjeu, où chaque incident prend une résonance particulière.
Pour Sayed Abu Farchi, l'épisode pourrait avoir des conséquences au-delà de ce match. Une expulsion pour célébration controversée peut entraîner une suspension automatique, privant l'attaquant de la prochaine échéance de sa sélection. Le joueur, qui évolue aux États-Unis, devra également gérer la pression médiatique accrue autour de sa personne.
Le sélectionneur israélien et ses coéquipiers ont contesté la décision avec véhémence sur le terrain, sans pouvoir la faire revenir. La rencontre s'est poursuivie dans une ambiance tendue, l'Autriche profitant de son avantage numérique pour creuser l'écart. Au coup de sifflet final, le score de 3-1 reflétait à la fois la supériorité autrichienne et le tournant que constitua cette expulsion.
Reste à savoir si l'UEFA ouvrira une procédure disciplinaire supplémentaire. Le geste, aussi ambigu soit-il, pourrait être examiné à la lumière des règlements sur les célébrations provocatrices. Pour l'heure, seul le rapport de l'arbitre fera foi, et celui-ci n'a pas encore été rendu public.