Trois cents personnalités du monde de la culture, du cinéma, de la littérature et du sport ont signé une tribune pour s'opposer à la chronique de Charles Sapin sur France Inter. Parmi les signataires figurent l'actrice Josiane Balasko, la comédienne et réalisatrice Julie Gayet, l'écrivaine Annie Ernaux, prix Nobel de littérature, et l'ancien footballeur Lilian Thuram. Le texte, rendu public alors que le journaliste a rejoint la station publique et franceinfo TV à la rentrée 2026, dénonce ce que les signataires considèrent comme les « limites du pluralisme ».
La controverse ne se limite pas à une pétition. L'intersyndicale du groupe public Radio France, dont France Inter fait partie, a déposé un préavis de grève pour les dimanche 13 et lundi 14 septembre. Les salariés entendent marquer leur « refus catégorique » face à ce qu'ils qualifient de « discours de haine ». Ils dénoncent une instrumentalisation du pluralisme qui, selon eux, conduit à associer le nom de Radio France à celui d'un journal multicondamné pour racisme.
La direction de Radio France maintient pour l'instant Charles Sapin à l'éditorial du dimanche, une décision qui a mis le feu aux poudres au sein du service public. Le journaliste, qui a collaboré avec le magazine « Valeurs actuelles », est au cœur d'une polémique sur les frontières du pluralisme et sur la place accordée à certaines sensibilités politiques dans les médias publics. Ses détracteurs estiment que sa présence banalise des positions d'extrême droite, tandis que ses défenseurs invoquent la nécessité d'un débat contradictoire.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions accrues autour de la ligne éditoriale de France Inter et de l'audiovisuel public. La tribune des 300 personnalités et le mouvement de grève illustrent la fracture entre une partie du monde culturel et les directions des médias publics sur la question de la représentation des idées politiques. Les signataires appellent à un réexamen des critères de pluralisme, arguant que celui-ci ne saurait servir de caution à des discours jugés discriminatoires.
Les deux journées de grève devraient perturber les programmes de Radio France, notamment sur France Inter, France Culture et France Info. Les syndicats espèrent que ce mouvement fera pression sur la direction pour qu'elle revienne sur la programmation de Charles Sapin. De leur côté, les responsables de la station n'ont pas encore réagi publiquement aux revendications des grévistes ni à la tribune des personnalités.
Le débat sur les « limites du pluralisme » dépasse le cas de Charles Sapin. Il touche à la définition même du service public et à sa capacité à représenter l'ensemble des sensibilités sans donner de tribune à des idées que certains considèrent comme contraires aux valeurs républicaines. La mobilisation des 13 et 14 septembre s'annonce comme un test pour la direction de Radio France, prise entre la défense de sa grille et les attentes d'une partie de ses salariés et de son public.