La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a prévenu que la France aurait besoin de « temps » avant de retrouver « l'entière confiance » des marchés financiers. Cette mise en garde intervient alors que le pays est confronté à des interrogations persistantes sur sa capacité à résorber sa dette publique et son déficit budgétaire.
Selon Kristalina Georgieva, les économies avancées ont vu leurs ratios de dette rapportée au produit intérieur brut (PIB) exploser depuis la crise financière de 2008, la pandémie de Covid-19 et les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Cette dégradation des finances publiques nourrit aujourd'hui la défiance des investisseurs, en particulier à l'égard de la France.
La cheffe du FMI a lancé un appel urgent à la discipline budgétaire. Elle a déploré que « trop de pays n'ont pas profité de la reprise post-pandémie pour reconstituer leurs marges de manœuvre budgétaires », qualifiant les pays avancés de « plus mauvais élèves ». Ses déclarations ont été faites lors de l'assemblée annuelle de l'organisation à Bangkok.
Cette situation a des répercussions directes sur le coût du financement de la France. Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt français à 10 ans s'approche désormais du seuil des 5 %, un niveau qui témoigne de la prudence des investisseurs. Cette tension survient au moment où l'examen du budget 2027 débute à l'Assemblée nationale, avec l'objectif affiché de ramener le déficit à 5 % du PIB. Toutefois, l'adoption de ce budget demeure très incertaine en l'absence de majorité parlementaire.
Kristalina Georgieva alerte également sur les conséquences de cette détérioration pour les économies en développement. La hausse des taux de référence prive les marchés émergents de marges de sécurité et alourdit considérablement la charge de leur propre dette. Les rendements des emprunts d'État atteignent des sommets inédits depuis plus de deux décennies aux États-Unis comme en Europe, ce qui accentue la pression sur les pays les plus vulnérables.
Pour la France, l'enjeu est double : rassurer les marchés sur sa trajectoire budgétaire tout en préservant sa capacité à financer ses dépenses publiques à un coût soutenable. La prudence affichée par la patronne du FMI souligne l'ampleur de la tâche qui attend le gouvernement, alors que le contexte politique intérieur complique l'adoption de réformes structurelles.