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Sony Music Publishing et Warner Chappell attaquent Anthropic en justice pour l’entraînement de Claude sur des chansons protégées

Sony Music Publishing et Warner Chappell Music ont déposé une plainte fédérale contre Anthropic, l’accusant d’avoir « torrenté, scrapé et téléchargé » massivement des chansons protégées pour entraîner son IA Claude, dans le cadre d’une « campagne éhontée » de violation du droit d’auteur.

Les maisons de musique Sony Music Publishing et Warner Chappell Music ont intenté une action en justice devant un tribunal fédéral américain contre la société d’intelligence artificielle Anthropic, l’accusant d’avoir « torrenté, scrapé et téléchargé » à grande échelle des chansons protégées par le droit d’auteur pour entraîner son modèle Claude. Dans leur plainte, les deux éditeurs dénoncent une « campagne éhontée » de violation de leur propriété intellectuelle, qui constitue le dernier épisode en date du bras de fer entre l’industrie musicale et les entreprises d’IA générative.

Selon les documents déposés, Anthropic aurait utilisé des œuvres musicales sans autorisation pour développer les capacités de Claude, son assistant conversationnel. Les plaignants affirment que cette utilisation massive de contenus protégés s’est faite au mépris des droits des auteurs et des éditeurs, et qu’elle porte préjudice à l’ensemble de la filière musicale. La plainte demande des dommages-intérêts et une injonction visant à empêcher Anthropic de poursuivre ces pratiques.

Cette action en justice s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les créateurs de contenus et les géants de la technologie. Plusieurs procédures similaires ont été engagées ces derniers mois par des artistes, des éditeurs et des médias contre des entreprises d’IA, qui utilisent des données protégées pour entraîner leurs modèles sans accord préalable. Les maisons de disques et les éditeurs de musique réclament une régulation plus stricte et une rémunération équitable pour l’utilisation de leurs catalogues.

Anthropic, de son côté, n’a pas encore réagi publiquement à cette plainte. La société, qui a levé des milliards de dollars et s’est imposée comme un acteur majeur de l’IA générative, a toujours défendu sa pratique consistant à utiliser des données accessibles publiquement pour l’entraînement de ses modèles, tout en reconnaissant la nécessité de respecter le droit d’auteur. Cette affaire pourrait faire jurisprudence et contraindre les entreprises d’IA à revoir leurs méthodes d’acquisition de données.

Pour l’industrie musicale, l’enjeu est considérable : les catalogues de Sony Music Publishing et de Warner Chappell représentent des centaines de milliers d’œuvres, et leur exploitation non autorisée pourrait priver les auteurs de revenus substantiels. Les plaignants estiment que la « campagne éhontée » d’Anthropic a causé un préjudice financier direct et menace la viabilité économique de la création musicale.

Cette procédure intervient alors que les débats sur l’IA et le droit d’auteur s’intensifient dans le monde entier. Plusieurs gouvernements, dont celui des États-Unis, examinent des projets de loi visant à encadrer l’utilisation des contenus protégés par l’IA. Les éditeurs de musique espèrent que cette action en justice accélérera la mise en place d’un cadre juridique clair, qui garantira une rémunération juste pour les créateurs.

En attendant, les regards se tournent vers le tribunal fédéral où l’affaire a été déposée. Les avocats des deux parties devront déterminer si l’utilisation de chansons protégées pour l’entraînement de modèles d’IA relève de l’exception de « fair use » ou constitue une violation caractérisée du droit d’auteur. La décision pourrait avoir des répercussions majeures sur l’ensemble du secteur technologique et sur la manière dont les entreprises d’IA accèdent aux données.

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