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Await, l'appareil photo jetable réinventé qui limite à 24 clichés par pellicule

La société suisse Rolling Square lance Await, un appareil photo numérique de poche qui impose une limite de 24 photos par rouleau, sans écran de prévisualisation, pour redonner de la valeur à chaque image. Commercialisé à 129 euros, il est disponible sur Kickstarter avec une livraison prévue en décembre 2026.

Et si la contrainte devenait le meilleur moyen de retrouver le plaisir de la photographie ? C'est le pari de Rolling Square, une entreprise suisse qui dévoile Await, un appareil photo numérique de poche qui reprend les codes de l'appareil jetable sans en avoir les inconvénients écologiques. Présenté pour la première fois au CES 2026, le boîtier est désormais entièrement dévoilé et disponible en précommande sur Kickstarter.

Le principe est simple : chaque rouleau numérique donne droit à 24 prises de vue, pas une de plus. Pas d'écran de prévisualisation, pas de possibilité de vérifier et retoucher indéfiniment. Un petit écran OLED affiche le nombre de clichés restants, l'état de la batterie et le mode flash, comme un compteur d'argentique. Une fois les 24 photos prises, l'appareil synchronise automatiquement le rouleau avec une application gratuite sur iOS et Android, qui applique un filtre inspiré des photographies vintage. L'utilisateur peut alors commander des tirages papier au format 6×4 pouces, à raison de 8,99 dollars par rouleau en mode automatique, ou 9,99 dollars en mode manuel, auxquels s'ajoutent des frais de port à partir de 4,99 dollars.

L'appareil assume son esthétique rétro-futuriste. Son boîtier en plastique translucide givré laisse apparaître la carte mère, un clin d'œil aux Game Boy Color transparentes et aux premiers iMac. Il mesure 98 × 68 × 15 millimètres et pèse 92,7 grammes, soit un format assez compact pour se glisser dans une poche de jean. La face avant est magnétique et interchangeable, avec cinq coloris proposés : bleu, rose, turquoise, vert et jaune. Des vis Torx à l'arrière permettent d'ouvrir la coque, signe d'un appareil conçu pour durer plutôt que pour être jeté.

Sous le capot, Await embarque un capteur Sony IMX179 de 8 mégapixels derrière un objectif fixe f/2.0 de 2,8 mm, soit environ 26 mm en équivalent 24×36, avec un champ de vision de 65 à 72 degrés. Un choix classique pour un compact, suffisant pour un tirage 6×4. La visée se fait par un viseur optique, sans consommation d'énergie. Le flash xénon, un vrai tube à décharge gazeuse comme sur les appareils argentiques, produit une lumière dure et figée qu'aucune LED ne peut imiter. Deux boutons seulement suffisent : le déclencheur, qui sert aussi à allumer ou éteindre l'appareil par une pression de trois secondes, et un bouton fonction qui gère le flash et le retardateur de 10 secondes. Une batterie de 1000 mAh rechargeable en USB-C alimente l'ensemble, avec Bluetooth 5.2 et Wi-Fi pour la synchronisation.

Le positionnement d'Await interroge notre rapport à la photographie numérique. Nous prenons plus de photos que jamais, mais nous n'en regardons presque aucune. En imposant une limite de 24 clichés par rouleau, l'appareil force à réfléchir avant de déclencher, à composer son cadre, à économiser ses prises. Un rouleau peut contenir jusqu'à trois pellicules, soit 72 images, avant qu'il ne faille vider la mémoire. Pour les puristes, il est possible de récupérer les fichiers originaux non compressés en branchant l'appareil à un ordinateur en USB-C, sans passer par le filtre de l'application.

Côté prix, Await est affiché à 129 euros, avec un tarif de lancement à partir de 89 euros. Un kit complet incluant les deux dragonnes et deux faces supplémentaires est proposé à 157 euros. Les commandes sont ouvertes sur Kickstarter, où la campagne a déjà dépassé les 85 000 dollars. La livraison est annoncée à partir de décembre 2026, avec une garantie de deux ans et un retour possible sous 30 jours. Un pari audacieux à l'heure du tout-numérique : moins de photos, mais plus de chances que l'une d'elles finisse sur le réfrigérateur.

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