Huit personnes ont été tuées dimanche en Ukraine lors de frappes russes menées sur l'ensemble du territoire, selon un bilan communiqué par les autorités. Trois bombes aériennes ont explosé dans le centre-ville de Soumy, touchant notamment un centre pour enfants et tuant deux personnes, dont une adolescente de seize ans. À Kiev et dans sa banlieue, une personne a été tuée et au moins quatre autres blessées. Au total, seize sites résidentiels et industriels ont été ciblés par ces attaques.
Un homme a par ailleurs été tué dans une attaque de drone russe dans le district de Boutcha. Plus tôt dans la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait indiqué que trois personnes avaient perdu la vie lors de frappes nocturnes dans la région méridionale de Zaporijjia. Les autorités de la région d'Odessa ont également signalé une « frappe massive » ayant entraîné un mort supplémentaire. Selon le chef de l'État ukrainien, la Russie a lancé en une semaine plus de 2 200 drones longue portée, 1 650 bombes aériennes et 38 missiles contre le pays.
Sur le front diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a vivement critiqué dimanche les positions de La France insoumise et du Rassemblement national sur le conflit ukrainien. Interrogé sur France 2, il a estimé que « Jean-Luc Mélenchon a enlevé les gants pour taper dans la figure des Ukrainiens », tandis que « Marine Le Pen, elle, les a conservés, mais au fond, c'est le même message ». Le ministre y voit « une défiance vis-à-vis de l'Union européenne, de notre organisation politique » et « une complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine ». Ces déclarations interviennent alors que les deux formations préparent la présidentielle de 2027 et que leurs positions sur la Russie suscitent des débats au sein de la classe politique française.
La situation humanitaire reste par ailleurs préoccupante dans la région de Kherson. Quatre tonnes de produits alimentaires ont pu être livrées à Olechky, une localité située dans la partie occupée par la Russie, grâce à une opération menée par drones, a annoncé le chef de l'administration ukrainienne Oleksandre Prokoudine. Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de provoquer une crise humanitaire dans cette ville difficilement accessible, située sur la ligne de front, sur les rives du Dniepr. L'Ukraine dénonce la « prise d'otage » d'environ 2 000 personnes par les autorités russes, tandis que Moscou, tout en reconnaissant des difficultés d'approvisionnement, rejette la responsabilité sur Kiev et accuse l'armée ukrainienne d'entraver les livraisons par des frappes.
Les tensions s'étendent également aux relations entre l'Ukraine et la Pologne. Un Ukrainien de 31 ans s'est introduit jeudi dans une abbaye polonaise et a poignardé cinq personnes, dont un prêtre mortellement blessé. Depuis, les sentiments anti-ukrainiens se renforcent sur les réseaux sociaux. « Nous sommes au bord d'un lynchage en ligne », estime Marcin Piotrowski, sociologue et membre de l'association polono-ukrainienne Folkowisko. Cette attaque a encore envenimé les liens entre Kiev et Varsovie, alors que la Pologne accueille environ 1,5 million d'Ukrainiens arrivés depuis le début de la guerre. Ces tensions illustrent la complexité des relations régionales dans un conflit qui, au 1 677e jour, continue de produire des conséquences humanitaires et diplomatiques bien au-delà des lignes de front.