Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire dimanche 20 septembre, dans un contexte de vives inquiétudes américaines face à une possible « escalade rapide » de la guerre au Moyen-Orient. Cette rencontre intervient alors que les combats ont repris entre les rebelles houthis du Yémen d'un côté, et le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite de l'autre.
Washington a averti dès samedi redouter une aggravation des hostilités après des attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite. Pour la première fois depuis des mois, la capitale saoudienne, Ryad, a été visée par ces combattants pro-iraniens, selon plusieurs sources concordantes. Cette frappe marque une nouvelle étape dans un conflit qui semblait s'être enlisé, et elle a immédiatement provoqué une réaction des États-Unis.
Le même jour, Donald Trump a affirmé que les Houthis avaient accepté de ne pas s'en prendre aux États-Unis. Cette déclaration, qui n'a pas été confirmée dans l'immédiat par les intéressés, ajoute une dimension diplomatique à une séquence déjà tendue. Elle suggère que Washington cherche à éviter une extension du conflit tout en maintenant la pression sur les acteurs régionaux.
La visite de John Ratcliffe en Égypte s'inscrit dans cette logique de consultations urgentes. Le Caire, acteur incontournable de la région, entretient des relations avec l'ensemble des parties concernées. La rencontre avec Abdel Fattah al-Sissi doit permettre aux États-Unis de coordonner leur position et, peut-être, d'ouvrir des canaux de discussion. Aucun détail n'a filtré sur le contenu exact des échanges, mais l'Égypte joue traditionnellement un rôle de médiateur dans les crises du Moyen-Orient.
La reprise des combats entre les Houthis et les forces loyalistes yéménites, soutenues par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, menace de faire dérailler les efforts de paix. Les Houthis, qui contrôlent une large partie du nord du Yémen, ont multiplié ces derniers mois les attaques de drones et de missiles contre des infrastructures saoudiennes. La frappe sur Ryad, si elle est confirmée, constituerait une escalade significative, car elle touche directement la capitale d'un des principaux alliés de Washington dans la région.
Les États-Unis, qui soutiennent l'Arabie saoudite, se trouvent dans une position délicate. Ils doivent à la fois rassurer leurs partenaires du Golfe et éviter d'être entraînés dans un conflit plus large. La déclaration de Donald Trump sur l'engagement des Houthis à ne pas viser les États-Unis pourrait être interprétée comme une tentative de désescalade, mais elle contraste avec la gravité de la situation sur le terrain.
L'Égypte, de son côté, suit de près l'évolution de la situation. Le pays partage une frontière avec la bande de Gaza et entretient des relations complexes avec les acteurs régionaux. La visite du directeur de la CIA témoigne de l'importance que Washington accorde au Caire dans la gestion de cette crise. Elle intervient également alors que d'autres dossiers régionaux, notamment le dossier iranien, restent en suspens.
Selon des informations rapportées par plusieurs médias, l'Iran a fait part de ses conditions pour rouvrir le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour l'économie mondiale. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a indiqué que Téhéran avait transmis ses exigences aux États-Unis, notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, le déblocage de ses fonds gelés et la levée du blocus naval américain. Ces déclarations, faites à la télévision d'État et au média qatari Al Jazeera, montrent que la crise est loin d'être circonscrite au Yémen.
Dans ce contexte, la rencontre entre John Ratcliffe et Abdel Fattah al-Sissi pourrait porter sur l'ensemble de ces dossiers. Les États-Unis cherchent à éviter une conflagration régionale, alors que les tensions entre Téhéran et Washington restent vives. Le Pakistan, qui assure une médiation entre l'Iran et les États-Unis, a également annoncé l'envoi de son ministre de l'Intérieur à Téhéran pour des discussions.
La situation demeure fluide et les prochaines heures seront déterminantes. La communauté internationale appelle à la retenue, mais les signaux envoyés par les différentes parties restent contradictoires. La frappe sur Ryad, si elle est confirmée, pourrait marquer un tournant dans un conflit qui dure depuis des années et dont les répercussions se font sentir bien au-delà des frontières yéménites.