Neil Young a de nouveau saisi la justice contre Donald Trump. Le chanteur, âgé de 80 ans, réclame 10 millions de dollars au comité de campagne de l'ancien présentateur de The Apprentice, Trump 47 Committee Inc., pour l'utilisation persistante de son morceau « Rockin' in the Free World » comme musique d'entrée lors de rassemblements électoraux de mi-mandat. La plainte, déposée un lundi, accuse l'organisation de violation du droit d'auteur.
Selon la plainte, le comité aurait continué à diffuser le titre malgré un accord juridique conclu précédemment. Neil Young affirme que la présidence et son appareil politique ont ignoré cet engagement. Le musicien, qui décrit Donald Trump comme un homme peu enclin à tenir sa parole, a répété pendant plus de dix ans qu'il devait cesser de jouer ce morceau. Il est désormais présenté comme le « grand-père du grunge » dans la presse qui couvre l'affaire, un surnom qui souligne la place qu'occupe l'artiste dans le rock américain.
Ce nouveau litige n'est pas le premier. Neil Young avait déjà obtenu un règlement il y a six ans concernant l'usage du même titre dans des événements liés à Donald Trump. Le chanteur a souvent exprimé son opposition à la récupération de sa musique par le camp Trump. Le titre, sorti en 1989 et devenu un hymne critique et contestataire, n'a pas été écrit pour soutenir une campagne électorale, ce qui explique son refus constant de le voir associé aux meetings du président.
Le morceau a régulièrement suscité des réactions chaque fois qu'il a été joué lors de rassemblements politiques. Dans cette affaire, l'enjeu dépasse la seule question financière : il porte sur le respect des droits des artistes et sur la capacité d'un auteur à contrôler l'utilisation de son œuvre dans un cadre politique. Le droit d'auteur protège ici la composition, et non seulement l'enregistrement, ce qui oblige un organisateur de meeting à obtenir une autorisation préalable pour la diffuser publiquement.
Le montant réclamé, 10 millions de dollars, est présenté comme le signe de la détermination du musicien à faire respecter l'accord précédent. Les observateurs rappellent que les artistes ont souvent contesté l'usage politique de leurs chansons aux États-Unis, sans que ces différends aboutissent toujours à une procédure judiciaire. Ni le comité de campagne ni l'entourage de Donald Trump ne se sont exprimés publiquement à ce stade sur la plainte, dont l'issue reste à déterminer devant la justice américaine.