Les coopératives agricoles entrent dans la campagne présidentielle. À quelques mois du scrutin, elles interpellent les candidats et leur proposent un pacte, présenté en exclusivité par Jean-Luc Duval, président de la Coopération agricole. L'organisation, qui représente plus de la moitié de l'agroalimentaire en France et des marques bien connues, veut peser sur le débat public et obtenir des engagements concrets de la part des prétendants à l'Élysée.
Le pacte s'articule autour de trois axes principaux. Le premier consiste à mobiliser l'épargne des Français pour financer l'agriculture. Le deuxième prévoit la création d'un fonds de gestion des risques climatiques, afin de mieux protéger les exploitations face aux aléas météorologiques. Le troisième vise à réconcilier la société avec le monde agricole, alors que les tensions entre les agriculteurs et le reste de la population se sont accrues ces dernières années.
« Nous lançons un appel à manger français », résume Jean-Luc Duval, qui détaille ces propositions dans les colonnes de Ouest-France. Pour les coopératives, il s'agit de rappeler leur poids économique et leur rôle dans les territoires. Elles rassemblent de nombreuses marques du quotidien et structurent une part importante de la production alimentaire nationale. Leur capacité à mobiliser les citoyens et les consommateurs autour de la souveraineté alimentaire est au cœur de leur démarche.
La question du financement de l'agriculture est centrale. En proposant de mobiliser l'épargne des Français, les coopératives souhaitent orienter une partie de l'épargne nationale vers des projets agricoles, qu'il s'agisse de modernisation des exploitations, de transmission ou d'investissement dans des filières locales. Cette idée s'inscrit dans un contexte où le renouvellement des générations et la compétitivité des exploitations sont des enjeux majeurs pour le secteur.
Le fonds de gestion des risques climatiques répond, lui, à une préoccupation croissante. Les épisodes de sécheresse, de gel ou d'inondations se multiplient et fragilisent les exploitations. Un tel outil permettrait de mutualiser les risques et d'indemniser plus rapidement les agriculteurs touchés. Les coopératives plaident pour une intervention publique aux côtés des acteurs privés, afin de garantir la pérennité des exploitations face à des événements de plus en plus fréquents.
Enfin, le volet sociétal du pacte vise à restaurer le dialogue entre le monde agricole et le reste de la société. Les récentes mobilisations d'agriculteurs ont mis en lumière un sentiment de déconnexion et d'incompréhension. Les coopératives souhaitent donc promouvoir une meilleure connaissance des réalités du terrain, des métiers et des contraintes de la production agricole. L'appel à « manger français » s'inscrit dans cette logique de rapprochement entre producteurs et consommateurs.
Cette initiative intervient dans un calendrier politique chargé. À quelques mois de l'élection présidentielle, les organisations professionnelles multiplient les prises de position pour inscrire leurs priorités dans les programmes des candidats. Les coopératives agricoles, qui revendiquent une représentativité importante, entendent bien peser sur les débats autour de l'alimentation, de l'environnement et de l'aménagement du territoire.
Reste à savoir comment les candidats accueilleront ces propositions. Le pacte proposé par la Coopération agricole pourrait servir de base à des engagements plus précis durant la campagne. Les coopératives espèrent obtenir des réponses concrètes sur le financement, la protection contre les risques climatiques et la place de l'agriculture française dans les politiques publiques. Leur objectif est clair : faire de l'agriculture un sujet central du débat présidentiel et obtenir un pacte avec la société.