Un nouveau sondage sur la présidentielle de 2027 place Marine Le Pen en position favorable au second tour, quel que soit l'adversaire qu'elle affronterait. Selon les données rapportées par Le Parisien, la candidate du Rassemblement national creuserait l'écart face à l'ensemble de ses concurrents potentiels, y compris Édouard Philippe et Gabriel Attal. Cette enquête d'opinion, publiée à la fin du mois de septembre 2026, constitue un signal d'alerte pour les deux anciens Premiers ministres, dont la stratégie de conquête de l'électorat centriste et de droite semble marquer le pas.
Le HuffPost souligne que cette alerte dans les sondages devrait être prise au sérieux par les deux hommes, qui incarnent aujourd'hui les principales alternatives à une nouvelle candidature de Marine Le Pen. Édouard Philippe, maire du Havre et président d'Horizons, et Gabriel Attal, ancien chef du gouvernement et figure de Renaissance, sont tous deux perçus comme des prétendants crédibles à la magistrature suprême. Mais les chiffres les placent en position de faiblesse face à la dynamique de la candidate d'extrême droite, qui bénéficierait d'un socle électoral solide et d'un report de voix favorable au second tour.
Cette enquête intervient dans un contexte où les spéculations sur l'après-Macron vont bon train. Les deux anciens locataires de Matignon, qui ont gouverné sous la présidence d'Emmanuel Macron, doivent composer avec un héritage politique contrasté. Édouard Philippe cultive une image de rassembleur, tandis que Gabriel Attal mise sur une ligne plus offensive. Mais ni l'un ni l'autre ne parvient, pour l'heure, à inverser la tendance face à Marine Le Pen dans les projections de second tour.
L'analyse de Jean-Daniel Levy, invitée de l'émission « Quotidien avec Yann Barthès » sur TF1+, évoque même la possibilité d'un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour de la présidentielle. Un scénario qui exclurait de facto les candidats de la majorité sortante et de la droite traditionnelle, et qui renforcerait l'idée d'une recomposition politique profonde à l'approche de 2027. Pour les deux anciens Premiers ministres, l'enjeu est donc double : reconquérir un électorat modéré tenté par le Rassemblement national et éviter une fragmentation de leur camp qui profiterait à l'extrême droite.
Les sondeurs rappellent toutefois que les enquêtes d'opinion réalisées à plus d'un an de l'échéance doivent être interprétées avec prudence. Les dynamiques peuvent évoluer rapidement en fonction des événements politiques, des candidatures officielles et des programmes. Mais la répétition de résultats défavorables pour les figures de la majorité et de la droite modérée constitue un signal que les états-majors politiques ne peuvent ignorer. Édouard Philippe et Gabriel Attal, qui n'ont pas encore officialisé leur candidature, devront sans doute ajuster leur stratégie pour tenter de contrer la progression de Marine Le Pen dans les intentions de vote.
À moins de deux ans du scrutin, la bataille pour l'Élysée se dessine donc autour d'une question centrale : comment faire barrage à la candidate du Rassemblement national tout en préservant l'unité d'un camp divisé entre plusieurs sensibilités. Une équation complexe que les deux anciens Premiers ministres devront résoudre s'ils veulent incarner une alternative crédible en 2027.