Les indicateurs du Covid-19 repartent légèrement à la hausse en France depuis la rentrée, selon les données de Santé publique France. Ce rebond, qui reste bien inférieur à ceux observés les années précédentes à la même période, conduit toutefois les autorités sanitaires et les médecins à rappeler l'importance de la vaccination et des gestes barrières.
La semaine dernière, SOS Médecins a enregistré une hausse de 76 % des consultations pour suspicion de Covid-19, soit 390 consultations supplémentaires tous âges confondus, par rapport à la semaine du 7 au 13 septembre. Une progression rapide, mais qui demeure « dans des niveaux inférieurs aux années précédentes » sur la même période, précise l'agence nationale de santé publique.
Le réseau de surveillance SUM'Eau, qui analyse les eaux usées de 54 stations de traitement partout en France, confirme cette tendance. La concentration du virus a légèrement augmenté dès la fin du mois d'août et poursuit sa progression ces dernières semaines. Pour Antoine Flahault, médecin épidémiologiste et professeur de santé publique à l'Université Paris Cité, l'analyse des eaux usées « est un indicateur fiable et précoce qui permet de comparer l'évolution du virus d'une période à une autre ». Le Covid-19 s'éliminant en partie via les selles, ces données « montrent que le virus n'a pas disparu », souligne-t-il.
Pour autant, l'heure n'est pas à l'inquiétude. Les données transmises par Santé publique France démontrent « la pente exponentielle et la progression rapide des contaminations, mais elles restent en dessous des données enregistrées l'année dernière à la même période », indique l'épidémiologiste. Dans les prochaines semaines, « on peut supposer que nous nous dirigerons vers une vague de contaminations similaire à celle traversée fin 2025 », ajoute-t-il. Cette dernière s'était bien passée en partie parce que les Français sont protégés des formes sévères du Covid.
Si la grippe est saisonnière, le Covid l'est beaucoup moins, rappelle le professeur en santé publique. Sa récurrence peut s'expliquer par ses nombreuses mutations, « qui entraînent une facilité à traverser les barrières immunitaires ». Les campagnes de vaccination contre la grippe saisonnière et le Covid-19 débuteront conjointement le 13 octobre. D'ici là, « les personnes à risque doivent se protéger le plus possible », recommande Antoine Flahault, « mais tout le monde n'a pas à s'inquiéter ».
Les autorités sanitaires appellent donc les personnes éligibles à se faire vacciner et à conserver les gestes barrières, alors que le virus continue de circuler à un niveau modéré. Ce rappel intervient à un moment où les indicateurs, bien qu'en hausse, restent loin des pics observés lors des vagues précédentes, ce qui ne dispense pas de la prudence pour les populations les plus vulnérables.