Bertrand Virieux, cofondateur de l'association La Parole libérée et victime de violences sexuelles de la part du père Preynat, a exprimé sa satisfaction après avoir été reçu par le pape Léon XIV. Il faisait partie des sept victimes de membres du clergé qui ont rencontré le souverain pontife à Lourdes. « Une sincérité que je n'avais jamais ressentie auparavant », a-t-il confié, saluant un échange qu'il qualifie de marquant.
Selon lui, le pape a reconnu « un problème systémique dans l'Église qui n'est pas réglé à ce jour ». Cette prise de parole constitue, aux yeux de Bertrand Virieux, une avancée notable. La reconnaissance du caractère systémique des violences sexuelles dans l'institution catholique était une demande ancienne des victimes et de leurs associations. Elle ouvre la voie, selon elles, à des réformes de fond.
D'autres victimes présentes à Lourdes ont également témoigné d'un échange « bouleversant » et d'une écoute sincère. Jean-Marie Delbos, victime de violences sexuelles à Bétharram, faisait lui aussi partie des sept personnes reçues. À 80 ans, il a raconté une rencontre « inoubliable », au cours de laquelle le pape a entendu son histoire. Ces témoignages convergent vers un même constat : les victimes ont été écoutées avec attention.
Au-delà de la satisfaction exprimée, les victimes attendent désormais des actions concrètes de la part de l'Église. La reconnaissance du caractère systémique des violences ne suffit pas, soulignent-elles, si elle ne s'accompagne pas de mesures vérifiables. Parmi les attentes figurent la transparence sur les dossiers, la protection des enfants et le traitement des signalements. La rencontre de Lourdes est donc perçue comme un point de départ plutôt qu'un aboutissement.
Le père Preynat, dont Bertrand Virieux a été victime, est au cœur de l'un des scandales les plus documentés de l'Église de France. Son affaire a conduit à la création de La Parole libérée, une association qui regroupe des victimes et milite pour que la parole se libère. Le cofondateur de l'association a fait de cette reconnaissance par le pape un motif de satisfaction, tout en rappelant que le problème demeure non résolu.
La visite de Léon XIV à Lourdes a ainsi placé la question des violences sexuelles au premier plan. Les victimes reçues ont pu s'exprimer directement, sans intermédiaire, et ont obtenu du pape qu'il nomme la nature systémique du phénomène. Pour les associations, cette étape doit maintenant se traduire par des engagements précis et un suivi dans le temps.
Bertrand Virieux a résumé son sentiment par une formule qui traduit à la fois le soulagement et l'exigence : une sincérité jamais ressentie auparavant. Cette sincérité, dit-il, doit désormais se prolonger dans les actes. Les victimes et leurs représentants entendent rester vigilants et poursuivre leur travail de mémoire et de justice.