Soixante-six signataires, pour la plupart membres de Renaissance, appellent à une primaire pour la présidentielle de 2027 afin d’éviter un second tour opposant La France insoumise au Rassemblement national. Leur tribune, publiée ce week-end dans La Tribune Dimanche, réclame une « primaire des démocrates et des républicains » et s’intitule « La France avant les égos ». Pour ses auteurs, le pays doit pouvoir départager ses candidats autour d’un projet commun plutôt que se retrouver face à deux options qu’ils jugent extrêmes.
Parmi les signataires figurent neuf sénateurs, dont six membres de Renaissance, quatre députés européens, tous issus de Renaissance, et cinquante-trois députés, dont cinquante et un de Renaissance. Le député UDI Laurent Mazaury et le MoDem Richard Ramos ont également apposé leur nom au texte, ce qui élargit le cercle au-delà de la seule majorité présidentielle. Les auteurs ne précisent toutefois pas le périmètre de cette primaire, laissant ouverte la question de ceux qui seraient invités à y participer.
Le texte énumère des valeurs qu’il présente comme communes : la République, l’État de droit, la laïcité, le progrès social et l’autorité. Il évoque aussi l’intégration européenne, la compétitivité des entreprises, l’école et l’urgence climatique comme sujets sur lesquels une convergence serait possible. Selon les signataires, ces principes doivent servir de socle à un rassemblement capable de dépasser les clivages traditionnels, sans que la tribune ne détaille les mesures concrètes qui en découleraient.
L’idée d’une primaire, portée notamment par le maire de Cannes David Lisnard et par Gabriel Attal, a regagné de la vigueur ces dernières semaines. Elle a désormais reçu le soutien de Bruno Retailleau, qui s’est prononcé en faveur de ce mode de désignation au sein de la droite et du centre. Cette dynamique reste pourtant loin de faire consensus : Édouard Philippe, présenté comme le favori dans les sondages pour la présidentielle, rejette fermement le principe d’une primaire.
Plusieurs questions demeurent en suspens. Faut-il exclure David Lisnard de cette primaire, comme le suggèrent certains débats internes ? Faut-il y associer Raphaël Glucksmann, qui n’a pas manifesté d’intérêt pour ce projet ? Les signataires n’ont pas tranché ces points. La présidentielle étant prévue en 2027, le calendrier, les règles et le périmètre de ces discussions restent entièrement à définir.