Le KAI Water Culture House, conçu par l'agence japonaise Kengo Kuma & Associates, ouvrira ses portes le 5 décembre 2026 sur Papirøen, l'île du Papier, à Copenhague. Ce centre aquatique de 5 800 mètres carrés réunit dix bassins sur le front de mer de la capitale danoise, un secteur qui s'est progressivement détaché de son passé industriel pour accueillir des usages de loisirs.
Le bâtiment se reconnaît immédiatement à ses cinq tours de briques irrégulières, posées au-dessus d'un long bandeau de verre au niveau du sol. Leurs parois en pente dessinent une silhouette groupée le long du quai, et les espaces laissés entre les volumes s'ouvrent sur le ciel. Vu depuis le port, cet ensemble massif semble flotter au-dessus de la base transparente, ce qui lui donne, malgré sa présence monolithique, une légèreté inattendue.
Chaque tour épouse la forme des bassins qu'elle surmonte, chaque volume répondant à l'organisation intérieure. Environ 300 000 briques faites main recouvrent les surfaces anguleuses, dans des tons de gris qui font écho à l'architecture portuaire environnante. La maçonnerie, disposée en gradins, donne aux parois un aspect texturé, particulièrement sensible lorsque la lumière du jour change au fil des heures. Sur ces façades, 403 fenêtres de tailles différentes ménagent de petites ouvertures vers la ville : certaines font pénétrer la lumière jusqu'au cœur des espaces de baignade, d'autres cadrent le paysage du port.
À l'intérieur, les murs montent au-dessus de l'eau selon des angles abrupts, formant de hautes salles de bain dont l'architecture enfermée évoque presque une formation géologique. La tour la plus haute, appelée Culture Tower, accueillera des activités culturelles et des rencontres communautaires, ce qui inscrit le projet au-delà de la seule fonction aquatique.
L'élément le plus singulier du bâtiment reste sans doute la Valley Pool, un bassin à ciel ouvert situé au premier étage, entre les cinq volumes de briques. Les baigneurs y nagent entourés de maçonnerie texturée, le ciel visible directement au-dessus de la tête. Cet espace abrité reste néanmoins exposé aux variations du climat copenhaguois : les nageurs peuvent ainsi se retrouver sous la pluie, voire sous la neige. Au même niveau, un onsen chauffé en plein air domine le port de Copenhague, en s'inspirant des traditions de bain japonaises. Les deux bassins extérieurs sont conçus pour un usage toute l'année, grâce à un système de pompe à chaleur géothermique relié à dix forages descendant à 250 mètres sous terre.
Au rez-de-chaussée, KAI abrite un bassin de fitness de 25 mètres, un bassin d'apprentissage et trois petits bassins destinés aux enfants. À l'étage, des espaces d'eau plus chaude sont complétés par un bassin d'eau froide, tandis que des saunas et un hammam offrent des prestations supplémentaires. Le niveau inférieur, transparent, ouvre des vues sur le front de mer et relie visuellement les espaces de natation au port. À l'extérieur, un ponton en bois conduira vers des zones de baignade et de bain aménagées sur le port, face au Théâtre royal danois et au parc de l'Opéra. Ces installations publiques doivent ouvrir au début de 2027, après l'inauguration du bâtiment en décembre.
Le projet remonte à un concours d'idées lancé par la Ville en 2015, lorsque les habitants de Copenhague ont soumis 160 propositions pour l'avenir de l'île du Papier, la plupart réclamant un équipement public de natation. Kengo Kuma & Associates a remporté le concours d'architecture organisé en 2017, en collaborant avec Cornelius Vöge Atelier for Architecture pendant les premières phases de conception, puis avec Vilhelm Lauritzen Architects pour les études détaillées et la construction. Près de dix ans après cette demande initiale, le bâtiment donne enfin au bord du port l'équipement public que les habitants avaient réclamé.