Le gouvernement ne proposera pas de geler le barème de l'impôt sur le revenu dans le prochain budget 2027. C'est ce qu'a annoncé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l'Énergie, dimanche lors de l'émission « Grand Oral 2027 » sur BFMTV-Le Figaro. Elle a précisé que le barème serait indexé sur l'inflation, écartant ainsi l'idée d'une mesure qui aurait entraîné une augmentation mécanique de l'impôt pour l'ensemble des contribuables.
« Nous ne proposerons pas de geler ce qu'on appelle le barème », a déclaré Maud Bregeon, ajoutant que ce gel aurait entraîné « mécaniquement une hausse d'impôts pour l'ensemble des Français ». En choisissant l'indexation sur l'inflation, l'exécutif entend préserver le pouvoir d'achat des ménages et éviter que des contribuables ne basculent dans une tranche d'imposition supérieure sans que leur revenu réel n'ait augmenté. Cette décision s'inscrit dans le cadre de la préparation du budget 2027, un exercice budgétaire qui s'annonce délicat compte tenu du contexte économique et des attentes des Français.
L'indexation du barème sur l'inflation est une pratique courante qui permet de neutraliser les effets de la progression des prix sur l'impôt sur le revenu. Sans cette indexation, les seuils des tranches resteraient figés, et les contribuables dont les revenus augmentent simplement pour suivre l'inflation se retrouveraient taxés davantage, un phénomène souvent qualifié de « rabot fiscal » ou d'« impôt invisible ». La décision annoncée par Maud Bregeon vise donc à éviter cet écueil, alors que le gouvernement cherche à la fois à maîtriser les finances publiques et à ne pas alourdir la charge fiscale des ménages.
Cette annonce intervient dans un contexte politique tendu, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Le budget 2027 sera l'un des derniers budgets pleins du quinquennat, et chaque arbitrage fiscal est scruté de près. La porte-parole du gouvernement a profité de son passage sur BFMTV-Le Figaro pour réaffirmer la position de l'exécutif sur la fiscalité des particuliers, un sujet sensible qui alimente régulièrement les débats publics. En refusant le gel du barème, le gouvernement tente de se prémunir contre les critiques qui l'accuseraient de faire peser la charge de la rigueur budgétaire sur les classes moyennes et populaires.
Les modalités précises de cette indexation n'ont pas été détaillées par Maud Bregeon. On ignore encore si l'indexation sera intégrale ou partielle, et si elle s'accompagnera d'autres mesures fiscales. Le projet de loi de finances pour 2027 devra être présenté dans les prochains mois, et il devra composer avec les contraintes européennes et la nécessité de réduire le déficit public. La question de la fiscalité des ménages reste un point de vigilance pour l'exécutif, qui doit concilier la relance de l'activité, le soutien au pouvoir d'achat et la trajectoire des finances publiques.
Pour les contribuables, l'indexation du barème sur l'inflation signifie que leur impôt sur le revenu n'augmentera pas automatiquement du seul fait de la hausse des prix. Cette mesure devrait donc être perçue favorablement par une large partie des foyers fiscaux, même si elle ne constitue pas une baisse d'impôt à proprement parler. Elle permet de maintenir la progressivité de l'impôt et d'éviter que les effets de l'inflation ne se traduisent par une augmentation silencieuse de la pression fiscale. Le gouvernement espère ainsi envoyer un signal de stabilité et de protection du pouvoir d'achat, dans un climat social où la question du coût de la vie demeure centrale.
L'annonce de Maud Bregeon devrait être suivie d'autres précisions dans les semaines à venir, à mesure que le gouvernement finalise son projet de budget. Les débats parlementaires à venir permettront de mesurer les réactions des différentes forces politiques et des représentants des contribuables. En attendant, la décision de ne pas geler le barème marque une première orientation fiscale pour 2027, qui pourrait peser sur les discussions budgétaires et sur la campagne présidentielle à venir.