Une planète orange, pétillante et bavarde prend la parole pour raconter l'histoire de la formation du système solaire. Dans l'album « Theia », signé Saskia Gwinn, c'est Théia elle-même qui guide le jeune lecteur à travers les grandes étapes de la naissance de notre environnement cosmique, avec un ton enjoué qui personnifie les astres sans renoncer à l'exactitude scientifique.
Le récit prend pour point de départ une époque où la Terre était « une grande boule de roche en fusion », à l'image de Théia. Les deux corps célestes deviennent rapidement « besties », c'est-à-dire de grandes amies, jusqu'au jour où Théia, attirée par la gravité terrestre, percute la Terre et se trouve détruite. La majeure partie de Théia est engloutie par la Terre, mais « le reste de moi a été catapulté dans l'espace avec les débris brisés de la Terre » pour devenir… la Lune. Cet épisode, au cœur du livre, correspond à l'hypothèse scientifique selon laquelle la Lune serait née d'une collision entre la jeune Terre et un corps de la taille de Mars, un scénario que l'album présente comme une amitié brisée par un choc spectaculaire.
La même collision aurait également incliné l'axe de la Terre. L'album en tire une explication simple des saisons : « Parfois, une partie de la Terre se penche vers le soleil, recevant plus de lumière et de chaleur. C'est ce que vous, les humains, appelez l'été ! » Les saisons prennent d'ailleurs la parole à leur tour pour se présenter, avant que Théia n'expose comment la vie a fini par apparaître sur Terre. Le fil de la narration reste ainsi celui d'une succession de causes et de conséquences, du choc initial aux bouleversements climatiques qui en découlent.
Le livre se termine par un résumé concis, une liste de « faits spatiaux », des informations sur la découverte de Théia et une série de « grandes questions que les scientifiques se posent encore ». Ces pages donnent au jeune lecteur des repères pour prolonger la découverte, en soulignant que certaines interrogations restent ouvertes et que la connaissance du système solaire continue d'évoluer.
Sur le plan graphique, l'ouvrage mise sur des rouges et des oranges chauds, opposés à des bleus plus froids, dans un style qui évoque le cinéma. Le ton, malicieux et affirmé, rend l'introduction accessible : Théia rappelle que son nom renvoie à une déesse grecque qu'elle qualifie de « proper butt-kicking goddess », et se présente comme la « super-awesome lost planet » du système solaire. Selon la critique qui le présente, l'album mêle ainsi humour, mise en scène dynamique et exposé scientifique fidèle.