Le gouvernement syrien a annoncé vendredi 21 août avoir déposé sa candidature pour intégrer le Partenariat international contre l’impunité d’utilisation des armes chimiques. Cette annonce intervient treize ans après l’attaque chimique perpétrée dans une banlieue de Damas, qui avait fait plus de 1 400 morts, selon les bilans rapportés à l’époque.
Cette démarche marque une étape symbolique dans la tentative de Damas de renouer avec la communauté internationale, alors que le pays reste marqué par plus d’une décennie de conflit dévastateur. Le Partenariat international contre l’impunité d’utilisation des armes chimiques est une coalition d’États créée en 2018, à l’initiative de la France, visant à coordonner les efforts pour identifier les auteurs d’attaques chimiques, les traduire en justice et dissuader leur réutilisation.
La demande syrienne intervient dans un contexte particulier, alors que des photographies et des linceuls symboliques représentant les victimes de l’attaque de 2013 sont exposés dans une salle de l’hôpital de Kafr Batna, dans la Ghouta orientale. Ces images documentent le massacre et la réalité vécue par les résidents et les travailleurs médicaux pendant le conflit. L’exposition fait partie d’un musée consacré à la mémoire de cette période.
L’attaque chimique d’août 2013 dans la Ghouta orientale avait été l’une des plus meurtrières de la guerre civile syrienne. Des organisations internationales et plusieurs gouvernements occidentaux avaient attribué la responsabilité de cette attaque au régime de Bachar al-Assad, ce que Damas avait toujours nié. L’admission de la Syrie au sein de ce partenariat, si elle aboutit, pourrait être perçue comme une forme de reconnaissance des engagements pris par le nouveau gouvernement syrien en matière de non-utilisation d’armes chimiques.
Cette candidature s’inscrit dans un contexte diplomatique plus large, marqué par les tentatives de la Syrie de se réinsérer sur la scène internationale après des années d’isolement. Plusieurs pays arabes et occidentaux ont progressivement rétabli des contacts avec Damas, tandis que la question des armes chimiques reste un point sensible dans les négociations.
Le Partenariat international, qui regroupe une quarantaine de pays, a pour objectif de soutenir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de promouvoir la justice pour les victimes. L’adhésion de la Syrie, si elle est acceptée, représenterait un tournant majeur, le pays ayant été l’un des principaux cas d’utilisation d’armes chimiques depuis la création de l’OIAC.
La décision finale reviendra aux États membres du partenariat, qui devront examiner la demande syrienne et évaluer la crédibilité des engagements de Damas. Aucun calendrier n’a été annoncé pour l’examen de cette candidature.