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Fort de Breendonk : mémoire d'un camp de transit nazi en Belgique

Le fort de Breendonk, près de Willebroek, fut utilisé comme camp de transit et prison par l'occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui transformé en mémorial, le site conserve la trace des 3 590 prisonniers qui y furent détenus, dont 303 y sont morts.

Fort Breendonk in Willebroek, Belgium
Fort de Breendonk : mémoire d'un camp de transit nazi en Belgique
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À une vingtaine de kilomètres de Bruxelles, le fort de Breendonk se dresse dans la commune de Willebroek. Construit entre 1906 et 1913, cet ouvrage militaire a servi lors des deux guerres mondiales. Mais c'est surtout son rôle durant la Seconde Guerre mondiale qui a marqué l'histoire : le site fut transformé par l'occupant nazi en camp de transit et en prison, où furent détenus des prisonniers politiques, des résistants et des Juifs.

Le camp est tristement célèbre pour ses conditions de vie inhumaines. Les détenus y étaient soumis à une surveillance permanente, le nombre de gardes SS dépassant celui des prisonniers. Beaucoup furent ensuite déportés vers de plus grands camps de concentration en Europe. Au total, 3 590 personnes ont été incarcérées à Breendonk. Parmi elles, 303 sont mortes sur place et 1 741 ont péri dans d'autres camps avant la fin de la guerre. Le camp fut évacué en septembre 1944 par les Alliés.

La violence exercée à Breendonk ne se limitait pas aux coups. Les prisonniers étaient jetés dans l'eau entourant le fort, enterrés jusqu'à la tête et couverts de boue si bien qu'ils criaient. Les portes de la salle de torture restaient ouvertes la nuit, empêchant les détenus de dormir à cause des cris. Les décès étaient officiellement enregistrés comme des insuffisances cardiaques ou des morts de vieillesse, masquant les nombreuses méthodes utilisées pour tuer. Le commandant du camp, Philipp Schmitt, laissait notamment son chien berger allemand, nommé Lump, courir dans le camp et s'attaquer aux prisonniers. L'un d'eux est mort après avoir été mordu quatorze fois.

Aujourd'hui, le fort se visite comme un mémorial. Le parcours, composé d'un dédale de couloirs et de salles, permet de découvrir la salle de torture, les douches et plusieurs baraquements. Des panneaux d'information et un audioguide donnent un aperçu de la vie quotidienne des prisonniers à l'époque. Le site constitue un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l'histoire de l'occupation nazie en Belgique et le sort réservé à ceux qui s'y sont opposés.