Raphaël Glucksmann affirme avoir refusé plusieurs postes ministériels proposés par Emmanuel Macron, dont celui de Premier ministre après la dissolution de 2024. Il a fait cette déclaration dimanche 8 novembre sur BFMTV, en présentant ce refus comme la preuve de sa distance avec le macronisme. Le scrutin présidentiel se tiendra en deux temps, le premier tour étant fixé au 18 avril 2027, soit dans environ 161 jours.
Le rappel de Glucksmann sur Matignon renvoie à une séquence récente de la vie politique française. Après plusieurs semaines de consultations, Emmanuel Macron avait nommé Michel Barnier Premier ministre, mais son gouvernement était tombé rapidement. Glucksmann se démarque ainsi de cette période et réaffirme sa position d'opposant à la politique du chef de l'État, sans indiquer à ce stade de calendrier précis pour sa propre candidature.
Dans le même temps, le paysage des candidatures se précise à droite comme à gauche, sans que les lignes se stabilisent. Laurent Wauquiez, chef de file des députés Les Républicains, demande qu'un candidat unique soit désigné pour la droite. Il plaide pour un programme commun et souhaite que ce nom soit choisi avant Noël, avec une rencontre des candidats de droite dans un délai d'environ deux semaines. Il s'est exprimé sur France Inter et France 2 pour défendre cette position, qui vise à éviter une dispersion des voix entre plusieurs candidats issus du même camp.
À gauche, Fabien Roussel affirme qu'il ira jusqu'au bout de sa candidature. Le secrétaire national du Parti communiste français estime que le PCF l'a désigné à l'issue d'un vote démocratique, et il entend poursuivre malgré les départs. Sa position est pourtant fragilisée : neuf députés communistes et ultramarins ont annoncé cette semaine leur soutien à Jean-Luc Mélenchon, dont trois sont membres du PCF. Dans les sondages, Fabien Roussel recueille environ 2 à 3 % des intentions de vote, tandis que Jean-Luc Mélenchon est donné en mesure de se qualifier pour un second tour face à Marine Le Pen.
Ces ralliements illustrent la difficulté de Fabien Roussel à rassembler son propre camp, alors que le score de Jean-Luc Mélenchon apparaît comme le principal enjeu de la gauche. Glucksmann a d'ailleurs fait de cet enjeu un axe de son discours, en affirmant vouloir mettre fin à la domination de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française. Il a aussi indiqué qu'il reviendrait dans les cortèges de l'intersyndicale après avoir quitté une procession parisienne, un geste qui relie sa stratégie à la mobilisation sociale.
À droite, Sarah Knafo, figure de Reconquête, réaffirme son projet de supprimer 800 000 postes de fonctionnaires. Elle chiffre l'économie annuelle attendue à environ 40 milliards d'euros. Cette mesure figurait déjà dans son livre Le Casse du siècle, et elle reste l'un des marqueurs de sa candidature, qui se distingue ainsi des propositions de réforme portées par Laurent Wauquiez autour d'un programme unifié.
Ce débat sur l'unité de la droite intervient alors que la question de l'alliance demeure ouverte. Rien n'indique à ce stade que les candidats de droite parviendront à converger vers un nom unique avant Noël, comme le souhaite Laurent Wauquiez. Le calendrier resserré, avec un premier tour dans un peu plus de cinq mois, laisse peu de marge pour des arbitrages internes, et chaque camp devra trancher entre rassemblement et maintien de sa propre candidature.