L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé qu'un drone avait touché la tour de refroidissement d'une unité de réacteur de la centrale nucléaire de Koursk, dans la Fédération de Russie, tôt jeudi matin. Selon l'agence onusienne, l'unité était en fonctionnement au moment de l'attaque, mais son mode de fonctionnement n'a pas été modifié et aucun incendie n'a été signalé. Cet incident survient dans un contexte de tensions persistantes entre la Russie et l'Ukraine, et alors que les infrastructures critiques font l'objet de menaces accrues.
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a réaffirmé que toute attaque contre une installation nucléaire était « inacceptable », car elle pourrait mettre en danger la sûreté et la sécurité nucléaires, indépendamment de l'endroit où elle se produit. Il a appelé à une « retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire ». Ce rappel à l'ordre intervient alors que les combats se poursuivent et que les sites sensibles sont de plus en plus exposés.
La centrale de Koursk, située dans l'ouest de la Russie, non loin de la frontière ukrainienne, est l'un des principaux sites nucléaires du pays. Elle comprend plusieurs unités de réacteurs, dont certaines sont du même type que celles de Tchernobyl. Bien que l'attaque n'ait pas provoqué de dommages apparents ni de rejet radioactif, elle souligne la vulnérabilité des installations nucléaires en zone de conflit. L'AIEA, qui surveille de près la situation, a déjà mis en garde à plusieurs reprises contre les risques d'un incident majeur.
Cet événement s'inscrit dans une série d'attaques de drones visant des infrastructures en Russie et en Ukraine depuis le début du conflit. Les autorités russes n'ont pas encore commenté l'incident, mais celui-ci devrait être examiné lors des prochaines réunions internationales sur la sécurité nucléaire. La communauté internationale, par la voix de l'AIEA, insiste sur la nécessité de protéger les installations nucléaires, qui ne doivent en aucun cas devenir des cibles militaires.
En parallèle, la France a haussé le ton contre Moscou. Emmanuel Macron a déclaré que « la nature de l'agressivité russe et de ses menaces en Europe change », citant notamment des incursions dans l'espace aérien de pays européens et une tentative d'attaque impliquant un drone chargé d'explosifs à l'aéroport allemand de Leipzig. Il a annoncé avoir demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques et des sites sensibles de la base industrielle et technologique de défense contre les attaques de drones et les cyberattaques. « Les attaques hybrides russes ne resteront pas sans réponse », a-t-il averti.
La Russie a de son côté convoqué la chargée d'affaires par intérim du Royaume-Uni pour protester contre la poursuite par Londres de « la hausse de ses livraisons de drones et d'autres systèmes d'armement » à l'Ukraine. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que « toute installation militaire britannique en Ukraine utilisée pour mener des frappes contre le territoire russe constitue une cible légitime ». Ces déclarations illustrent l'escalade des tensions entre Moscou et les pays occidentaux.
L'attaque contre la centrale de Koursk rappelle la nécessité d'une vigilance accrue autour des sites nucléaires. L'AIEA continue de suivre la situation et pourrait publier un rapport détaillé dans les prochains jours. En attendant, les appels à la retenue se multiplient pour éviter une catastrophe aux conséquences imprévisibles.