Le concours de pâtisserie le plus réconfortant de la télévision britannique semble avoir retrouvé une partie de son charme originel. Dans cette nouvelle saison de The Great British Baking Show, les candidats apparaissent nettement moins aguerris que lors des éditions récentes, et ce retour à un niveau plus amateur est perçu comme une bouffée d'air frais par de nombreux observateurs.
Depuis plusieurs années, les téléspectateurs reprochaient au programme de Channel 4 des défis de plus en plus absurdes et des participants si talentueux qu'ils semblaient avoir secrètement fréquenté une école de pâtisserie professionnelle. Cette surenchère avait fini par éloigner l'émission de sa promesse initiale : montrer des boulangers amateurs capables de réaliser des desserts accessibles, susceptibles de faire « oh » et « ah » à table, sans pour autant ressembler à des créations de boutique haut de gamme.
Cette saison, les maladresses sont de retour sous la tente. En seulement deux épisodes, les accidents et les moments de panique se sont multipliés : pâtisseries tombées, pâtes à refaire, et même un four oublié. Loin d'être des défauts, ces incidents rappellent que les participants sont des personnes ordinaires, chez qui le public peut se reconnaître. Après tout, qui n'a jamais oublié d'allumer son four avant d'enfourner un gâteau ?
Les épreuves techniques ont également été repensées. Fini les desserts ésotériques que la plupart des Britanniques n'ont jamais goûtés, accompagnés d'une recette largement caviardée. Cette année, les candidats reçoivent des références concrètes : un schéma en image lors du premier épisode, puis trois petits biscuits à observer, sentir et goûter lors du deuxième. Ils doivent ensuite reproduire ce qu'ils ont vu, ce qui remet au centre l'objectif initial de l'épreuve technique : vérifier que les boulangers maîtrisent les ratios et les temps de cuisson des aliments standards sans dépendre entièrement d'une recette.
Malgré des défis plus simples, les candidats ne livrent pas encore de pâtisseries irréprochables. Là où les saisons précédentes voyaient dès les premières semaines des assiettes dignes de professionnels, cette édition propose de jolies réalisations, sans que l'on imagine leurs auteurs quitter leur emploi pour ouvrir une boutique. Certains observateurs estiment d'ailleurs que le manque de temps accordé aux candidats est souvent à l'origine de ces imperfections, un débat qui mériterait d'être approfondi.
Le résultat reste néanmoins convaincant. Les participants demeurent talentueux, mais leur niveau ne donne plus l'impression de regarder des professionnels ayant falsifié leur statut d'amateurs pour intégrer le programme. Cette impression d'accessibilité, où le téléspectateur se dit qu'avec beaucoup de travail il pourrait un jour rejoindre la tente, constituait l'une des forces du format. Pour admirer des professionnels accomplir des prouesses, d'autres émissions existent.
Le casting de cette année semble ainsi avoir restauré une partie de la magie que certains estimaient perdue. En redonnant de la place à l'erreur, à l'apprentissage et à la simplicité, The Great British Baking Show renoue avec ce qui en faisait un rendez-vous chaleureux : une compétition bienveillante où l'imperfection a sa place, et où le plaisir de cuisiner prime sur la quête de la perfection absolue.