Le divertissement vient de dépasser le secteur automobile et s'installe à la deuxième place des secteurs économiques les plus valorisés au monde. C'est ce que révèle le dernier rapport Best Global Brands du cabinet de conseil Interbrand, qui évalue la valeur cumulée des entreprises du secteur à 332,5 milliards de dollars, soit une hausse de 12,4 % sur un an.
Ce classement paraît d'autant plus surprenant que Hollywood traverse une période difficile, marquée par des licenciements et des coupes budgétaires. Le constat d'Interbrand met toutefois en lumière un contraste net entre les difficultés de certains studios traditionnels et la prospérité des plateformes de streaming et de diffusion numérique, qui concentrent désormais une part croissante de la valeur du secteur. Le rapport ne s'attarde pas sur les causes de ces réductions d'effectifs, mais la comparaison entre les deux trajectoires suffit à souligner le déplacement du centre de gravité économique de la culture.
Au sein de ce palmarès, Netflix se distingue nettement. La valeur de sa marque a progressé de 22 % d'une année sur l'autre, un rythme qui témoigne de la place centrale qu'occupe la plateforme dans les habitudes de consommation culturelle. Les services de musique et de vidéo en ligne, à l'image de Spotify et de YouTube, figurent également parmi les acteurs dont la progression est soulignée par le rapport. Leur croissance s'inscrit dans un mouvement où l'abonnement et l'écoute à la demande remplacent progressivement les modes de consommation plus anciens.
Ces résultats illustrent une transformation plus large de l'économie culturelle. Là où l'industrie du divertissement reposait longtemps sur les salles de cinéma, la télévision et les supports physiques, la valeur se déplace aujourd'hui vers les abonnements, les contenus à la demande et les plateformes capables de toucher des audiences mondiales. Le classement d'Interbrand confirme que la marque, plus encore que l'outil de production, est devenue un actif déterminant pour ces groupes. Dans un secteur où l'attention du public est très disputée, la notoriété et la fidélité des utilisateurs pèsent désormais autant que les catalogues eux-mêmes.
Ce passage de la deuxième place, qui devance désormais le secteur automobile, marque une étape symbolique. Il montre que la culture, longtemps perçue comme un secteur secondaire face à l'industrie lourde, occupe désormais une position économique majeure à l'échelle mondiale. Le rapport Best Global Brands, qui recense chaque année les marques les plus valorisées, offre ainsi une lecture chiffrée d'une mutation déjà visible dans les usages quotidiens du public.