Un an après les incendies qui ont ravagé Los Angeles en janvier 2025, le SCI-Arc Resilient Futures Task Force, un groupe de travail créé au sein de l’école d’architecture Southern California Institute of Architecture, met son expertise au service des habitants sinistrés. Il réunit enseignants, chercheurs et étudiants autour d’un objectif : permettre aux propriétaires déplacés de reconstruire dans des conditions plus sûres, à un moment où la reconstruction se poursuit encore presque deux ans après les événements.
Concrètement, le groupe propose une aide sur plusieurs fronts. Il conseille sur la sécurité des bâtiments, la toxicité des sols, les fonds d’urgence disponibles et les démarches de déclaration auprès des assurances. Ces informations sont diffusées lors de réunions publiques organisées à l’échelle des quartiers touchés, où les habitants peuvent poser leurs questions directement à des spécialistes.
Le dispositif s’appuie sur un réseau élargi de partenaires. On y trouve des ingénieurs, des scientifiques, des spécialistes des matériaux, des promoteurs à but non lucratif et des financiers. Parmi les participants cités figurent Code Red Consultants, Angel City Lumber, SGH et JPMorgan Chase, ainsi que Century Housing, Clearinghouse CDFI, Builders FirstSource, Plant Prefab, Sexsmith Architects, Timberlab, ReSAWN, Urban Machine et l’université technique de Delft (TU Delft).
Le travail du groupe prend également la forme de débats publics. Ces tables rondes portent sur les matériaux alternatifs, le bois massif, l’économie de la reconstruction et les aménagements paysagers adaptés au feu. La première année d’activité a donné lieu à l’exposition « Architecture After the Fires », qui a présenté près de soixante-dix propositions de maisons pour les zones sinistrées. Selon les organisateurs, il s’agit de la plus vaste collection de projets d’architecture d’interface entre zones urbaines et zones sauvages réunie à ce jour.
Parmi les agences dont les travaux ont été exposés figurent Lorcan O’Herlihy, Morphosis, Scott Uriu et Studio Murnane. Le groupe prévoit par ailleurs la publication d’un ouvrage qui documentera ces projets, conçu comme une référence pour la construction dans les secteurs à haut risque.
Pour la suite, le groupe envisage des partenariats fondés sur l’intelligence artificielle, la modélisation des risques environnementaux et les simulations avancées. L’objectif affiché est d’influencer l’élaboration de normes de construction résilientes à l’échelle de la région. Parmi les prototypes présentés figurent LongHouse et une Small Long House à Altadena. Ces maquettes reposent sur une maçonnerie incombustible, un bardage en fibres-ciment et des dispositifs de protection contre le soleil.
Reste une question essentielle : la manière dont ces propositions seront traduites en règles de construction adoptées, puis en logements réellement bâtis, n’est pas encore établie. Le groupe de travail dessine une voie pour l’architecture des zones à risque, mais son impact concret dépendra de la capacité des acteurs publics et privés à reprendre ces pistes dans les réglementations et les projets à venir.