Le gouvernement français envisage d'instaurer une taxe sur les produits sucrés dans le cadre du budget 2027. L'annonce a été faite par le ministre du Commerce, Serge Papin, qui a confirmé que cette piste était « sur la table ». L'objectif affiché est double : dégager de nouvelles recettes pour l'État et répondre à un enjeu de santé publique lié à la consommation excessive de sucre.
Selon les informations disponibles, cette taxe ciblerait les produits transformés dont la teneur en sucre dépasserait un certain seuil. Ce seuil n'a pas encore été précisé par le gouvernement. Le dispositif devrait permettre de générer environ 200 millions d'euros de recettes fiscales. Le périmètre exact des produits concernés reste à définir, tout comme le taux qui serait appliqué.
Le ministre du Commerce a reconnu ne pas être favorable aux taxes par principe, mais il a justifié cette piste par l'ampleur des problèmes de santé publique. « Je ne suis pas pour les taxes », a-t-il déclaré, avant d'ajouter qu'il existait un « enjeu » sanitaire, car « il y a trop d'obésité, trop de diabète ». Cette position traduit la tension entre la nécessité de financer le budget et la volonté de ne pas pénaliser excessivement les consommateurs et les entreprises du secteur agroalimentaire.
La France n'est pas le premier pays à envisager ce type de mesure. Plusieurs États européens ont déjà instauré des taxes sur les boissons sucrées ou les produits transformés riches en sucre, avec des résultats variables sur la consommation et les recettes. Au Royaume-Uni, la taxe sur les boissons gazeuses a conduit plusieurs industriels à reformuler leurs produits pour réduire leur teneur en sucre. En France, la taxation des boissons sucrées existe déjà depuis plusieurs années, mais elle n'a pas été étendue aux produits alimentaires solides.
L'annonce intervient dans un contexte budgétaire tendu. Le gouvernement cherche à équilibrer les finances publiques tout en préservant le pouvoir d'achat des ménages. La création d'une nouvelle taxe pourrait toutefois susciter des critiques, notamment de la part des industriels de l'agroalimentaire et des associations de consommateurs, qui redoutent une répercussion sur les prix. Les fabricants de confiseries, de biscuits, de pâtisseries industrielles et de produits laitiers sucrés seraient les premiers concernés.
Les modalités précises de cette taxe devraient être discutées dans les prochaines semaines, à mesure que le projet de budget 2027 prend forme. Le seuil de sucre à partir duquel la taxe s'appliquerait, ainsi que son taux, seront des points cruciaux dans les négociations. Le gouvernement devra également veiller à ce que la mesure ne pénalise pas excessivement les ménages modestes, qui consacrent une part plus importante de leur budget à l'alimentation.
Cette annonce s'inscrit dans un débat plus large sur la fiscalité comportementale. Les partisans de ce type de taxation estiment qu'elle permet de financer la prévention et de réduire la consommation de produits nocifs pour la santé. Les opposants y voient une nouvelle ponction fiscale qui pèse sur les consommateurs et les entreprises, sans garantie d'efficacité sur les comportements. Le ministre du Commerce a laissé entendre que la réflexion se poursuivait et que rien n'était encore arbitré.
Pour l'heure, aucune date n'a été fixée pour la présentation officielle du dispositif. Le budget 2027 doit être examiné par le Parlement dans les mois à venir. La taxe sur les produits sucrés pourrait être intégrée au projet de loi de finances, mais son adoption dépendra des équilibres politiques et des arbitrages gouvernementaux. Les industriels et les associations de santé publique suivent le dossier de près, conscients que cette mesure pourrait modifier durablement les habitudes de consommation et la composition des produits mis sur le marché.