Pour sa deuxième collection à la tête de Fendi, Maria Grazia Chiuri a choisi de placer la femme au centre, dans toute sa complexité. Présentée lors de la Fashion Week de Milan, la ligne printemps-été 2027 se veut une réflexion sur l'intimité, nourrie par un vers du poète E.E. Cummings et par l'héritage chorégraphique de Raffaella Carrà, figure emblématique de la culture populaire italienne. La créatrice poursuit ainsi son exploration du vêtement comme espace de liberté et d'expression personnelle.
Le défilé s'articule autour d'un élément scénographique fort : le miroir. Utilisé comme métaphore et surface artistique, il évoque tour à tour le théâtre off, la galerie d'art, le cabinet d'essayage des ateliers de couture ou encore les discothèques italiennes des années 1970 et 1980. Ce dispositif visuel accompagne une collection qui interroge la relation du corps à la mode, dans une démarche à la fois esthétique et conceptuelle.
Après plusieurs saisons dominées par le noir, Maria Grazia Chiuri réintroduit la couleur dans le vestiaire Fendi. Une évolution chromatique qui traduit une volonté d'ouverture et de renouveau, sans renier l'ADN de la maison romaine. Les silhouettes, pensées pour épouser le mouvement, s'inscrivent dans une continuité avec le travail de la créatrice sur la fluidité et la légèreté.
La référence à Raffaella Carrà n'est pas anodine. Icône de la télévision et de la scène italiennes, la performer a marqué des générations par ses chorégraphies audacieuses et son rapport libre au corps. En s'inspirant de cet héritage, Maria Grazia Chiuri inscrit sa collection dans une filiation culturelle qui dépasse le simple cadre de la mode pour toucher à l'histoire sociale et artistique de l'Italie.
Le choix du vers d'E.E. Cummings, poète américain connu pour son usage singulier de la syntaxe et de la typographie, renforce la dimension intime du propos. Il s'agit moins de construire un discours spectaculaire que de proposer une mode qui parle à l'individu, à ses émotions et à sa vie quotidienne. Une approche que la créatrice développe depuis plusieurs saisons, entre héritage et modernité.
Dans le front row, la présence de Monica Bellucci a attiré l'attention. L'actrice italienne arborait une maxi bag à franges signée Fendi, rappelant que les accessoires XXL continuent de jouer un rôle clé dans l'identité visuelle de la maison. Un détail qui confirme la place centrale de la maroquinerie dans la stratégie créative de Fendi, au-delà des seules considérations esthétiques.
Avec cette deuxième proposition, Maria Grazia Chiuri confirme sa capacité à conjuguer réflexion intellectuelle et désirabilité commerciale. La collection printemps-été 2027 ne se contente pas de suivre les tendances : elle propose une narration cohérente, ancrée dans la culture italienne et dans une certaine idée de la féminité contemporaine. Une réussite qui devrait trouver un écho auprès d'un public sensible à la fois au style et au sens.