Une religieuse dominicaine polonaise a vivement critiqué la députée Dominika Chorosińska après que celle-ci s'est réjouie publiquement d'une prière d'évêques polonais en faveur de Donald Trump. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, sœur Tymoteusza Gil a exprimé son « profond désarroi » face à ce qu'elle considère comme un manque de compassion envers l'Ukraine, en guerre depuis plus de trois ans.
L'élue avait salué avec enthousiasme l'initiative de certains évêques polonais qui ont prié pour le président américain. Ce geste, relayé sur internet, a provoqué une vague de réactions indignées, notamment parce qu'il intervenait alors que les combats se poursuivent en Ukraine et que les Européens s'interrogent sur l'évolution du soutien américain à Kiev.
Dans son texte, sœur Tymoteusza Gil ne s'en prend pas seulement à la députée : elle interroge plus largement la responsabilité des responsables politiques et religieux face à la souffrance des populations civiles. « L'Ukraine saigne, et elle applaudit », a-t-elle écrit en substance, reprochant à l'élue de transformer un acte de piété en spectacle politique.
La religieuse, connue en Pologne pour ses prises de position en faveur des réfugiés et des plus vulnérables, a appelé à ne pas instrumentaliser la foi. Selon elle, la prière ne saurait servir à légitimer une figure politique controversée sans tenir compte du contexte international. Son message a été largement partagé, suscitant un débat sur la place des convictions religieuses dans le débat public polonais.
Cette controverse intervient dans un climat tendu en Pologne, où l'Église catholique reste une institution influente mais où les divisions politiques traversent aussi les communautés croyantes. La prise de parole d'une religieuse, rare dans le débat partisan, souligne les tensions entre fidélité spirituelle et engagement citoyen.
Dominika Chorosińska, députée du parti Droit et Justice (PiS), n'a pas réagi publiquement aux critiques de la dominicaine. L'affaire illustre la sensibilité persistante autour du soutien à Donald Trump en Europe de l'Est, où certains cercles conservateurs voient en lui un allié, tandis que d'autres redoutent un désengagement américain face à la Russie.