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Un passionné recrée l'AT&T UNIX PC sur FPGA pour la plateforme MiSTer

Hrvoje Cavrak a développé une réplique FPGA de l'AT&T UNIX PC, station de travail de 1985, compatible avec la plateforme MiSTer. Le projet, qui reste dépendant de logiciels soumis au droit d'auteur, offre une alternative à un matériel devenu quasiment introuvable.

An FPGA Version of the AT&T UNIX PC for MiSTer
Un passionné recrée l'AT&T UNIX PC sur FPGA pour la plateforme MiSTer
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Un développeur, Hrvoje Cavrak, a conçu une version FPGA de l'AT&T UNIX PC, station de travail lancée en 1985. Destinée à la plateforme MiSTer, cette recréation permet de faire fonctionner une machine rare à partir de circuits logiques reprogrammables, sans recourir à l'ordinateur d'origine.

La machine originale reposait sur un processeur Motorola 68010 cadencé à 10 MHz et pouvait disposer de jusqu'à 4 Mo de mémoire vive. Vendue comme station de travail professionnelle, elle pesait environ 18 kilogrammes, un gabarit qui illustre la place qu'occupaient ces équipements dans les bureaux de l'époque. Le projet reproduit cette architecture avec un cœur qui combine des composants écrits en SystemVerilog, en Verilog et en VHDL, trois langages de description matérielle couramment employés dans la conception de circuits FPGA.

Le cœur est destiné aux cartes compatibles MiSTer, notamment la DE10 Nano. Cette carte ne suffit toutefois pas à atteindre les 4 Mo de mémoire : sa partie FPGA n'accède qu'à une portion de la mémoire, ce qui impose l'ajout d'une carte d'extension SDRAM. Sans elle, la configuration complète de la machine ne peut pas être atteinte, et c'est précisément cette limite matérielle qui conditionne le choix du matériel pour les utilisateurs souhaitant reproduire la configuration maximale.

Le projet soulève aussi une question juridique. Le micrologiciel de démarrage et les images disques du système AT&T UNIX restent protégés par le droit d'auteur. L'auteur renvoie vers ces fichiers tout en avertissant les lecteurs qu'ils appartiennent à leurs ayants droit, ce qui laisse à chacun la responsabilité de se les procurer dans un cadre légal. Cette précaution rappelle que la réplique du matériel ne dispense pas, à elle seule, de la question des logiciels qui l'accompagnent.

Une vidéo de démonstration montre une expérience assez complète de l'UNIX PC, ce qui témoigne de l'avancement du travail. L'auteur précise toutefois que le système ne fonctionne, à ce stade, que sur sa propre carte, ce qui signifie que la portabilité du projet vers d'autres exemplaires de cartes compatibles reste à démontrer. Une partie du code a été écrite puis vérifiée à l'aide d'assistants de programmation fondés sur des modèles de langage, un élément que le projet mentionne explicitement et qui fait partie de sa méthode de travail.

Le contexte historique éclaire l'intérêt de cette réplique. L'UNIX PC n'a jamais atteint le marché grand public de l'informatique personnelle, dominé par les IBM PC sous MS-DOS, Apple, Commodore et Atari. Il s'agissait donc d'une machine destinée au milieu professionnel, dont la diffusion est restée confidentielle. Aujourd'hui, le matériel d'origine atteint des prix quasiment inaccessibles, et la machine est jugée plus rare que les stations de travail Sun et SGI des années 1990, pourtant elles-mêmes recherchées par les collectionneurs.

Dans ce contexte, la version FPGA est présentée comme un substitut honnête pour les collectionneurs, à défaut de pouvoir se procurer l'original. Elle permet de découvrir l'environnement UNIX de cette époque sans immobiliser un budget considérable ni rechercher un exemplaire vieillissant. Le projet illustre ainsi la manière dont la reconfiguration logique permet de préserver des machines devenues quasiment introuvables, tout en laissant ouverte la question de la légitimité des logiciels associés.