Stéphane Le Foll a choisi son camp pour la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle de 2027. L'ancien ministre de l'Agriculture et actuel maire du Mans a fait savoir qu'il voterait pour Raphaël Glucksmann lors du scrutin organisé par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, prévu le 9 octobre 2026. Une prise de position qui intervient alors que la compétition interne à gauche s'intensifie.
« Je reste cohérent », a justifié l'élu socialiste, qui préside également Le Mans Métropole. Son ralliement à Raphaël Glucksmann, candidat déclaré à la présidentielle, s'inscrit dans une logique de continuité politique. Stéphane Le Foll fut en effet ministre sous François Hollande, période durant laquelle Raphaël Glucksmann s'était lui-même engagé aux côtés de la majorité socialiste avant de prendre ses distances et de fonder Place publique.
Le maire du Mans n'a toutefois pas caché ses réserves sur le processus électoral interne. « Cette primaire ne m'enthousiasme guère », a-t-il confié, tout en confirmant son intention de participer au vote. Une position qui illustre les tensions au sein d'une gauche plurielle, où les rivalités entre courants et les stratégies divergentes pour 2027 compliquent la construction d'une candidature commune.
La primaire de la gauche doit réunir cinq candidats en octobre 2026. Outre Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj figure parmi les prétendants à l'investiture. Les deux hommes, issus du PS et de Place publique, sont déjà engagés dans une campagne interne qui s'annonce disputée. D'autres personnalités de gauche, comme la socialiste Carole Delga, tentent parallèlement de fédérer une gauche non mélenchoniste, à distance des appareils partisans traditionnels.
Les enquêtes d'opinion placent pour l'instant Raphaël Glucksmann en position de force dans cette compétition. Mais plusieurs observateurs soulignent que la primaire pourrait affaiblir son vainqueur, entre divisions internes et difficultés à rassembler l'ensemble de l'électorat de gauche. La question de l'unité reste centrale à moins de deux ans du scrutin présidentiel.
Le soutien de Stéphane Le Foll, figure historique du socialisme manceau et ancien pilier du gouvernement Hollande, apporte à Raphaël Glucksmann un appui de poids dans l'ouest de la France. Il témoigne aussi de la volonté d'une partie de l'appareil socialiste de peser sur le choix du candidat, alors que la primaire doit désigner celui ou celle qui portera les couleurs de la gauche en 2027.
Le calendrier s'accélère pour les candidats, qui devront convaincre les militants et sympathisants appelés à départager les cinq prétendants. Le scrutin du 9 octobre 2026 constituera un test décisif pour la capacité de la gauche à dépasser ses fractures et à présenter une alternative crédible lors de la prochaine élection présidentielle.