Une vidéo diffusée cette semaine par le quotidien régional « Midi Libre » met en cause un brigadier-chef de la police municipale de Carcassonne. Les images, enregistrées à son insu par sa propre caméra-piéton lors d'une patrouille en novembre 2025, le montrent enchaînant des propos racistes, sexistes et complotistes. Le policier, également décrit comme proche du Rassemblement national et du nouveau maire de la ville, Christophe Barthès, y tient des déclarations particulièrement violentes.
Dans ces extraits, qui ont depuis été relayés sur le réseau social X par le député de Seine-Saint-Denis Thomas Portes, l'agent déclare notamment : « J'en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l'Afghan » ou encore « C'est un bougnoule qui pue le kebab ». Il évoque également une supposée transformation religieuse du pays en affirmant : « On est devenus chrétiens sous Clovis, on va devenir musulman sous Macron ». Ses propos s'étendent aussi à des considérations sur le patriarcat et la guerre d'Algérie, avec des commentaires ouvertement masculinistes et des attaques contre les « gauchiasses ».
Selon les informations de « Midi Libre », le brigadier-chef, qui dirige une équipe de la police municipale, s'est placé en arrêt maladie en janvier dernier, après que ces images ont commencé à circuler en interne. Il a lui-même déposé plainte auprès des gendarmes pour atteinte à la vie privée, une procédure qui a conduit le parquet de Carcassonne à ouvrir une enquête préliminaire. Malgré son arrêt de travail, le quotidien régional précise qu'il a participé au service d'ordre de Jordan Bardella lors d'un déplacement du président du RN venu soutenir la campagne municipale de Christophe Barthès, élu maire quelques semaines plus tard. Son arrêt maladie aurait pris fin au lendemain de cette élection.
La diffusion de cette vidéo suscite de nombreuses réactions politiques. Le député RN de la Moselle Laurent Jacobelli a déclaré sur BFMTV que si l'agent était avéré membre du parti, il serait « immédiatement exclu dans la seconde ». Plusieurs policiers municipaux auraient par ailleurs déposé plainte contre ce brigadier-chef, l'un pour menaces, d'autres pour harcèlement. L'affaire intervient dans un contexte tendu à Carcassonne, où l'opposition et plusieurs observateurs s'interrogent sur la composition et les pratiques de la police municipale depuis l'arrivée de la nouvelle majorité.
Les faits rapportés par « Midi Libre » et corroborés par d'autres médias régionaux et nationaux décrivent une patrouille au cours de laquelle l'équipe, qui ne pensait pas être filmée, s'est livrée à un déferlement de propos haineux. La vidéo, d'une durée d'environ cinq minutes, a été enregistrée par la caméra-piéton restée allumée par erreur. Outre le brigadier-chef, d'autres agents présents lors de cet échange sont également concernés par ces révélations, même si l'attention se concentre principalement sur le chef d'équipe, présenté comme un ancien militaire investi dans la sécurité du RN.