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Un livre retrace la sauvegarde des lieux historiques de la musique américaine

Charlie B. Dahan, chercheur à la Middle Tennessee State University, raconte comment d'anciens studios et labels d'enregistrement ont été sauvés de la démolition et de l'oubli.

Dans un livre consacré à l'histoire de la musique populaire américaine, le chercheur Charlie B. Dahan, enseignant à la Middle Tennessee State University, s'intéresse à un patrimoine rarement protégé : les lieux où les grands disques ont été pressés et enregistrés. Alors que l'industrie musicale a connu au XXIe siècle une transformation profonde, de nombreux petits labels, studios et usines ont disparu, emportant avec eux une part de la mémoire culturelle du pays. Son ouvrage, intitulé « Don't Lose Your Good Thing », examine la manière dont certaines communautés ont choisi de défendre ces sites.

Le premier chapitre est consacré à Richmond, dans l'Indiana, qui fut au début du XXe siècle un centre d'enregistrement grâce à la société Gennett Records. Le label attirait des artistes aussi célèbres que Louis Armstrong ou Gene Autry, avant de cesser la publication de nouveaux disques pendant la Grande Dépression. La famille Gennett et la ville ont ensuite connu un déclin, et l'usine de pressage voisine ainsi que la fabrique de pianos étaient presque abandonnées. Sur ce site d'environ 25 acres, la démolition et la réaffectation semblaient presque inévitables.

Le sort du lieu a basculé lorsqu'un journaliste local a commencé à écrire sur l'histoire qui risquait de disparaître. Des habitants, des représentants publics et des descendants de la famille Gennett se sont alors mobilisés. Ils ont contribué à replacer Richmond sur la carte musicale, avec la création d'une allée des célébrités, d'un festival de musique et la restauration des bâtiments. Le livre montre ainsi qu'une mobilisation locale peut transformer un site menacé en lieu de mémoire vivant.

D'autres exemples cités par l'auteur illustrent des trajectoires contrastées. Le label King Records, à Cincinnati, bénéficiait d'une notoriété plus forte, mais ses installations et les quartiers alentour avaient souffert de la dégradation après la fermeture. Menacé de démolition, le site a permis à la ville de prendre conscience de l'importance de ce label, qui avait servi de tremplin à James Brown et à d'autres artistes. À Memphis, les studios Stax ont vu leur héritage enfin préservé grâce à la création d'un musée.

Capricorn Records, à Macon, en Géorgie, a connu une chute presque aussi spectaculaire que son ascension, liée notamment aux Allman Brothers. Son studio a toutefois retrouvé une nouvelle vie grâce à un partenariat avec une université. Chaque chapitre du livre retrace les années d'efforts nécessaires à ces sauvetages, mais aussi la passion, la persévérance, la part de chance et les moyens financiers indispensables à de telles entreprises. Le texte rappelle ainsi que la préservation du patrimoine musical dépend autant de la volonté collective que de la reconnaissance publique de ces lieux.

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