Emmanuel Macron a réuni les chefs de parti à l'Élysée pour tenter d'apporter une réponse politique à la flambée des prix des carburants. À l'issue de la rencontre, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a vivement critiqué le chef de l'État, estimant qu'il n'avait apporté aucune réponse et que la question du pouvoir d'achat avait été balayée.
Le président du RN a demandé une baisse des taxes sur les carburants pour répondre aux souffrances de la France qui travaille. Selon lui, la réunion n'a pas permis d'avancer sur le sujet central de la perte de pouvoir d'achat des ménages, alors que les prix à la pompe atteignent des niveaux records.
D'autres participants ont partagé ce constat. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, a estimé qu'Emmanuel Macron n'avait pas apporté de solution immédiate sur les prix des carburants. Ces déclarations, formulées à la sortie de l'Élysée, traduisent un clivage persistant entre l'exécutif et une partie de l'opposition sur les mesures à prendre face à l'inflation énergétique.
La réunion intervient dans un contexte social tendu. La hausse des prix des carburants ravive le souvenir du mouvement des Gilets jaunes, né en 2018 précisément en réaction à la hausse des prix à la pompe. Des appels à une mobilisation nationale circulent sur les réseaux sociaux pour le samedi 17 octobre, sans qu'aucune manifestation n'ait pour l'heure été officiellement déclarée.
Ces appels semblent provenir d'une vidéo publiée le 8 septembre sur TikTok par un anonyme, rapidement devenue virale avec près de 300 000 likes. De nombreux internautes, souvent très jeunes, ont repris l'appel en se mettant en scène avec un gilet jaune devant des stations-service. Des affiches générées par intelligence artificielle annonçant des points de rassemblement ont également circulé.
Jérôme Rodrigues, figure emblématique du mouvement des Gilets jaunes, a déclaré ne pas savoir d'où venait cet appel, évoquant une simple tendance TikTok lancée par un internaute énervé. Sur le groupe Facebook « Compteur officiel de gilets jaunes », qui compte 1,4 million de membres, aucune publication n'évoque cette mobilisation encore floue.
Certaines personnalités politiques soutiennent toutefois l'initiative. Fabien Roussel a appelé les Français à se mobiliser si le gouvernement n'agit pas dans les jours à venir, rappelant le précédent de 2018. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a également apporté son soutien au mouvement.
Cette séquence illustre la pression croissante sur l'exécutif, confronté à une colère sociale qui pourrait s'exprimer dans la rue à l'automne. La question des carburants, à la croisée des préoccupations économiques, sociales et environnementales, s'impose comme un test politique pour Emmanuel Macron, qui doit concilier transition écologique et protection du pouvoir d'achat.
Les chefs de parti présents à l'Élysée ont tous insisté sur l'urgence d'agir. Si le gouvernement n'annonce pas de mesures concrètes rapidement, le risque d'un embrasement social, sur fond de défiance envers les institutions, pourrait s'accroître. La date du 17 octobre est désormais scrutée par les autorités, qui redoutent un nouvel épisode de contestation nationale.