Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau est mort mercredi 2 septembre à l'âge de 94 ans. Réalisateur rare, il n'a tourné que huit longs métrages en près de cinquante ans de carrière, mais plusieurs d'entre eux ont marqué l'histoire du cinéma français, à commencer par son adaptation de « Cyrano de Bergerac » avec Gérard Depardieu, couronnée de dix César.
Sa disparition suscite de nombreux hommages dans le milieu du septième art. Le réalisateur Martin Bourboulon, connu pour « Les Trois Mousquetaires », a salué mercredi sur France Inter un « maître du rythme ». Selon lui, dans les films de Jean-Paul Rappeneau, « les personnages ne marchent pas, mais ils courent », une formule qui résume la vitalité et l'énergie qui caractérisaient sa mise en scène.
Né en 1932, Jean-Paul Rappeneau s'est d'abord illustré comme scénariste avant de passer à la réalisation. Il est notamment le co-auteur de « L'Homme de Rio », film porté par Jean-Paul Belmondo. Son premier long métrage en tant que réalisateur, « La Vie de château », sorti en 1966, lui vaut une reconnaissance immédiate. Il enchaîne ensuite avec « Le Sauvage », comédie portée par Catherine Deneuve et Yves Montand, puis « Tout feu, tout flamme » avec Isabelle Adjani.
Le sommet de sa carrière intervient en 1990 avec « Cyrano de Bergerac ». L'adaptation de la pièce d'Edmond Rostand, portée par la performance de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, rencontre un immense succès public et critique. Le film remporte dix César, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, et s'impose comme une référence du cinéma français à l'international.
Jean-Paul Rappeneau poursuit ensuite avec « Le Hussard sur le toit » en 1995, adaptation du roman de Jean Giono avec Juliette Binoche et Olivier Martinez, puis « Bon voyage » en 2003 et « Belles Familles » en 2015. Tout au long de sa carrière, il a cultivé un art de la comédie et du mouvement, où les dialogues vifs et les déplacements incessants des personnages créent un rythme singulier, souvent salué par la critique.
Sa filmographie complète comprend également « L'Été de la jeunesse », mais c'est bien « Cyrano de Bergerac » qui restera comme son plus grand succès. Avec seulement huit films en près de cinq décennies, Jean-Paul Rappeneau incarne un cinéma exigeant, où chaque projet était longuement mûri. Sa mort marque la disparition d'une figure majeure du cinéma français populaire et exigeant, dont l'influence sur les générations suivantes demeure considérable.