Le reboot de « Power Rangers » sorti en 2017 continue de diviser. Alors que le film avait été largement boudé par le public à sa sortie, un spectateur revenu sur son visionnage récent s'étonne encore de cet échec commercial. Selon lui, la proposition tenait pourtant la route : un ton résolument plus sérieux que la série télévisée originale, des acteurs convaincants et des scènes d'action réussies.
Le long-métrage, réalisé par Dean Israelite, entendait moderniser la franchise culte des années 1990. Fini les costumes colorés et les dialogues naïfs, place à une esthétique sombre et à des personnages plus fouillés. Les cinq adolescents choisis pour incarner les Rangers ont d'ailleurs été salués pour leur alchimie, malgré un temps d'écran limité pour développer leurs histoires personnelles. Le spectateur à l'origine de la publication souligne notamment la prestation de Dacre Montgomery, dans le rôle de Jason, qu'il juge parfaitement adaptée au personnage.
Le principal point faible du film, selon cet amateur de cinéma, réside dans l'interprétation de l'actrice Elizabeth Banks, qui incarne la méchante Rita Repulsa. Sa performance, jugée trop théâtrale, contraste avec le ton général du film. Un choix qui peut surprendre, mais qui n'explique pas à lui seul la contre-performance au box-office. Le film n'avait rapporté qu'environ 142 millions de dollars dans le monde, pour un budget estimé à plus de 100 millions, un résultat insuffisant pour espérer une suite.
Cet échec interroge sur la stratégie adoptée par les studios. Fallait-il s'adresser aux fans de la première heure, nostalgiques de la série originale, ou conquérir un nouveau public avec une approche plus adulte ? Le reboot a tenté de concilier les deux, sans parvenir à convaincre pleinement. Pour beaucoup, le film se situait dans un entre-deux inconfortable : trop sombre pour les enfants, trop éloigné de l'esprit original pour les puristes.
La question de l'avenir de la franchise reste posée. Relancer « Power Rangers » après cet échec semble difficile, à moins de confier le projet à un réalisateur visionnaire capable d'imposer une direction artistique forte. Mais une telle approche risquerait de s'éloigner encore davantage de l'essence même de la licence, qui repose sur un univers coloré et optimiste. Un paradoxe que les amateurs du genre connaissent bien : comment moderniser une œuvre sans la trahir ?
Ce débat n'est pas sans rappeler d'autres tentatives de reboot de franchises populaires, souvent confrontées aux mêmes difficultés. Entre respect de l'œuvre originale et besoin de renouvellement, les studios cherchent un équilibre fragile. Le cas « Power Rangers » illustre parfaitement ce dilemme, et le film de 2017 pourrait bien être redécouvert dans les années à venir comme une œuvre à la fois ambitieuse et mal comprise.