Elif Eralp, candidate du parti de gauche radicale Die Linke, est en passe de devenir maire de Berlin après la victoire de sa formation aux élections régionales de dimanche. Selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote pour les chaînes publiques allemandes, Die Linke obtiendrait entre 24,5 % et 26 % des voix, devançant la CDU du chancelier Friedrich Merz, créditée d'environ 20 %. Si elle est investie, Elif Eralp deviendrait la première femme maire de Berlin issue de l'immigration.
La victoire de Die Linke dans la cité-État marque un revers pour la CDU, qui dirigeait jusqu'ici la mairie. Elle ne suffit toutefois pas à garantir à Elif Eralp l'accès à la fonction : la candidate devra trouver un accord de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD et les Verts pour obtenir une majorité stable. Les négociations s'annoncent délicates, dans un paysage politique berlinois fragmenté.
Ce scrutin régional a également été marqué par une nouvelle poussée du parti d'extrême droite AfD, qui atteint entre 13,5 % et 16 % des voix à Berlin, contre 9 % en 2023. L'AfD arrive quatrième dans la capitale, loin derrière Die Linke, mais sa progression confirme son implantation croissante dans l'ensemble du pays.
La situation est plus préoccupante encore dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, autre région appelée aux urnes le même jour. L'AfD y est créditée de 37 à 38 % des voix, contre 16,7 % en 2021, devant les sociaux-démocrates du SPD, autour de 36 %. La CDU du chancelier Friedrich Merz y réalise un score très faible, que ce dernier a lui-même qualifié de « désastre » électoral.
Cette double élection régionale intervient deux semaines après la victoire historique de l'AfD en Saxe-Anhalt, le 6 septembre, où le parti d'extrême droite mené par Ulrich Siegmund s'était imposé avec une large avance. Ce résultat avait déjà été perçu comme un signal fort de la progression de l'extrême droite dans l'est de l'Allemagne.
À Berlin, la victoire de Die Linke et l'accession probable d'Elif Eralp à la mairie constituent un contraste notable avec la dynamique observée dans le reste du pays. La capitale, traditionnellement ancrée à gauche, résiste pour l'instant à la vague de l'AfD, mais la formation d'une coalition stable reste incertaine. Les discussions entre Die Linke, le SPD et les Verts détermineront la capacité d'Elif Eralp à gouverner et à mettre en œuvre son programme.
Le scrutin berlinois confirme aussi la fragmentation du paysage politique allemand, entre une gauche radicale renforcée dans les villes et une extrême droite de plus en plus puissante dans les régions de l'Est. Pour le chancelier Friedrich Merz, ces résultats constituent un avertissement sérieux, à un moment où son autorité sur la CDU est déjà contestée.