Un passionné de décoration d’intérieur affirme avoir découvert que l’auteur d’un ouvrage qu’il appréciait, le designer Eric Ross, a passé sous silence l’apport des Afro-Américains au design du Sud des États-Unis. Le lecteur a partagé sa découverte sur le forum Reddit consacré à la décoration d’intérieur, accompagnée de captures de la page en question.
Selon son message, le livre de Eric Ross, consacré aux demeures du Sud, attribue la naissance de ce style aux apports français, espagnol, anglais et amérindien, sans mentionner les Afro-Américains, ni comme inspirations, ni comme artisans ou maîtres d’œuvre. Le lecteur cite notamment la page 10 de l’ouvrage, où ces influences sont énumérées. Il affirme que l’omission ne relève pas d’un choix politique, mais d’un choix historique, dans la mesure où la main-d’œuvre et le savoir-faire des populations noires ont largement façonné l’architecture et l’artisanat de la région. Il a joint à sa publication les éléments qu’il présente comme des preuves de sa lecture.
Le lecteur dit avoir pris contact avec l’auteur pour demander des explications. Dans son message, il explique avoir écrit : « Y a-t-il une raison pour laquelle vous avez choisi de ne pas inclure l’influence des Afro-Américains dans le travail ou l’artisanat du Sud ? » Il précise avoir voulu présenter sa demande comme une question historique plutôt que politique, et affirme n’avoir reçu aucune réponse sur le fond, l’auteur ayant choisi, selon lui, de le bloquer. Ces affirmations reposent uniquement sur le témoignage de leur auteur ; nous n’avons pas pu recueillir la version d’Eric Ross.
Au-delà de ce cas particulier, la question soulevée touche à un débat plus large sur la manière dont l’histoire du design et de l’architecture américaine est racontée. Dans le Sud, la main-d’œuvre esclave puis affranchie a longtemps été décisive dans la construction, la menuiserie, la ferronnerie ou la fabrication des meubles, sans que ces contributions soient toujours reconnues dans les récits dominants. Le lecteur estime que la mention de ces influences serait indispensable pour une présentation complète du sujet, puisque le livre traite précisément de l’identité des demeures du Sud.
Pour l’heure, aucune réaction publique de l’auteur ou de son éditeur n’a été rapportée. La discussion, elle, s’est poursuivie dans les commentaires du forum, où d’autres internautes ont débattu de la place accordée aux créateurs afro-américains dans les ouvrages consacrés au design américain. Le fil reste ouvert, et aucun élément permettant de trancher la question n’a été publié à ce stade.