La famille de Quentin Deranque, militant d’ultradroite mort à Lyon après une agression, demande l’audition du député La France insoumise Raphaël Arnault dans le cadre de l’enquête. Selon l’avocat des parents de la victime, relayé par franceinfo, cette demande vise à élargir les investigations au-delà du périmètre retenu à ce jour par les juges.
L’avocat tient toutefois à préciser que Raphaël Arnault « n’est pas mis en cause à quelque titre que ce soit dans cette affaire ». La famille estime néanmoins qu’à ce stade, « le périmètre de l’association de malfaiteurs retenu par les juges semble trop restreint ». Son audition est donc réclamée non comme une mise en cause, mais comme une étape permettant, selon elle, de mieux cerner les responsabilités éventuelles autour des faits.
Le dossier a pris une dimension politique dans les heures suivant ces déclarations. Selon Le Parisien, La France insoumise a dénoncé une « tentative d’interpellation » du député : les policiers souhaitaient lui remettre une simple convocation, ce que le mouvement conteste dans la forme. Le Figaro rapporte pour sa part que la demande de la famille s’inscrit dans une procédure visant précisément l’association de malfaiteurs, qualification que les parents jugent insuffisamment large au regard des faits.
Il faut distinguer deux niveaux dans ce dossier. D’un côté, les faits d’agression à l’origine de la mort de Quentin Deranque, qui font l’objet de l’enquête judiciaire lyonnaise. De l’autre, la question de l’extension du cadre pénal à des personnes qui, sans être poursuivies, pourraient selon la famille détenir des éléments utiles. La famille ne formule pas d’accusation directe contre le député, dont l’avocat rappelle la position formelle à l’égard de la procédure.
Les déclarations de la famille et la controverse sur la convocation restent pour l’instant des éléments de procédure et de communication : aucune décision judiciaire nouvelle concernant l’audition n’a été annoncée au moment de la publication. Il appartient désormais aux magistrats instruisant l’affaire de se prononcer sur la suite à donner à la requête des parents, qui devront, comme le veut la procédure, être entendus sur les éléments qu’ils souhaitent voir examinés.