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« Digger » d’Alejandro González Iñárritu est-il vraiment un échec ?

Le film aborde le changement climatique et l’inaction collective face à une réalité pourtant incontestable. Nacrée revient sur les critiques qui divisent autour de cette œuvre.

Le nouveau film d’Alejandro González Iñárritu, intitulé Digger, interroge notre passivité face au changement climatique, une réalité que beaucoup préfèrent ignorer malgré son caractère incontestable. Pourtant, à peine sorti, le long-métrage est déjà au centre d’un débat : s’agit-il d’un véritable échec, comme le suggèrent certaines voix, ou d’une œuvre plus nuancée qu’il n’y paraît ?

Le réalisateur mexicain, déjà connu pour ses films à la mise en scène ambitieuse, place cette fois sa réflexion au cœur d’un récit qui confronte ses personnages à l’urgence écologique. Le thème n’est pas nouveau dans le cinéma, mais la manière dont il est traité suscite des réactions contrastées. Le film refuse les grandes leçons morales appuyées et préfère observer les comportements, les renoncements et les petites lâchetés du quotidien.

C’est précisément sur ce point que se concentrent les critiques. Certains spectateurs regrettent un propos jugé trop diffus, une narration qui hésite entre plusieurs registres et qui ne parvient pas toujours à faire ressentir l’urgence qu’elle décrit. D’autres y voient au contraire une force : en refusant le spectaculaire facile, le film met en lumière l’écart entre la conscience d’un danger et l’absence d’action concrète, un décalage au cœur de notre époque.

Au-delà du jugement sur la réussite artistique, Digger pose une question qui dépasse le cadre du cinéma : pourquoi continuons-nous à détourner le regard devant une menace documentée ? Le film ne propose pas de réponse toute faite, mais il invite le public à se confronter à cette contradiction. C’est sans doute là que se situe, pour une partie des spectateurs, sa valeur, même si l’exécution divise.

Reste que le débat autour de l’œuvre illustre bien la place que le cinéma continue d’occuper dans la réflexion collective sur les grands enjeux contemporains. Entre attentes artistiques et engagement politique au sens large, Digger s’inscrit dans une tradition où la fiction sert de miroir à nos inquiétudes, avec les risques de déception que cela comporte.