Le projet gouvernemental de eDziennik, présenté comme une alternative gratuite aux systèmes numériques commerciaux utilisés dans les écoles, essuie ses premières critiques. Le député et enseignant Marcin Józefaciuk a examiné la version de démonstration de cet outil centralisé et son verdict est sans appel : il se dit « stupéfait » et éprouve de la « honte » pour le ministère de l'Éducation nationale.
Dans son évaluation, le parlementaire pointe plusieurs manques fonctionnels majeurs. Il relève notamment l'absence d'un module de gestion des remplacements de cours, pourtant indispensable au quotidien des établissements. Il déplore également le fait que les enseignants ne disposent pas d'outils statistiques leur permettant de suivre la progression de leurs élèves ou d'analyser leurs propres pratiques pédagogiques.
Autre carence signalée : l'impossibilité d'importer ou d'exporter des données. Cette fonctionnalité est jugée cruciale pour assurer la portabilité des informations et éviter un enfermement des écoles dans un système unique. Pour M. Józefaciuk, ces absences compromettent l'utilité même du dispositif, censé simplifier le travail des professeurs et des directions d'établissement.
Le eDziennik est développé pour devenir un service public numérique, financé à hauteur de 216 millions de zlotys. L'objectif affiché est de fournir aux écoles polonaises un outil souverain et gratuit, en remplacement des plateformes privées aujourd'hui largement répandues. Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large de numérisation de l'administration scolaire, mais sa version de démonstration semble encore loin de répondre aux attentes du terrain.
Le député, qui exerce lui-même le métier d'enseignant, incarne une figure de terrain capable de juger concrètement l'ergonomie et la pertinence des fonctionnalités proposées. Son retour critique intervient alors que le ministère n'a pas encore lancé de test à grande échelle auprès des établissements volontaires. Cette phase de validation est pourtant considérée comme déterminante avant un éventuel déploiement national.
Les critiques formulées portent sur des aspects fonctionnels précis, mais elles interrogent plus largement la méthode de conception du projet. Le fait qu'un utilisateur expérimenté identifie d'emblée des manques structurants suggère que les concepteurs ont privilégié une approche technique au détriment d'une consultation approfondie des personnels concernés. La suite du calendrier dira si ces remarques seront intégrées avant la généralisation du service.
Pour l'heure, le ministère de l'Éducation nationale n'a pas réagi publiquement aux déclarations du député. Les enseignants et les chefs d'établissement, eux, attendent de voir si cette version préliminaire sera corrigée pour répondre aux réalités de leurs pratiques quotidiennes. L'enjeu est de taille : la réussite de ce projet conditionne en partie la modernisation du système éducatif polonais et sa capacité à offrir des outils numériques performants et accessibles à tous.