Le vice-président du Conseil italien Antonio Tajani a suscité une vive polémique en déclarant qu'il conseillerait toujours à son fils d'épouser « la fille la moins apparente mais la plus fiable, la plus sérieuse, qui sera une bonne mère de famille ». Ces propos, rapportés par le magazine Cosmopolitan Italia, ont immédiatement été repris et commentés, notamment par des femmes qui se sont reconnues dans cette catégorie des « moins apparentes » et qui ont raconté ce que cette étiquette leur a coûté.
La déclaration de Tajani n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un contexte où les responsables politiques italiens, et plus largement européens, sont régulièrement interrogés sur les questions de famille, de genre et de rôle social. En recommandant à son fils de choisir une épouse sur des critères de fiabilité et de sérieux plutôt que sur l'apparence, le vice-président du Conseil italien exprime une vision traditionnelle du mariage et de la famille, où la femme est d'abord perçue comme une future mère et une partenaire stable. Cette vision a été perçue par de nombreuses lectrices comme un rappel des injonctions qui pèsent encore sur les femmes : être discrète, fiable, sérieuse, et non pas visible ou ambitieuse.
Le magazine Cosmopolitan Italia a choisi de réagir en donnant la parole à celles qui ont été ces « filles moins apparentes ». Dans un article intitulé « Pour toutes les fois où nous avons été les filles moins apparentes (et tout ce que cela nous a coûté) », la rédaction explore les conséquences de cette étiquette. Être la « moins apparente » signifie souvent être reléguée au second plan, voir ses talents ignorés, ses ambitions minimisées, et sa valeur jugée à l'aune de sa capacité à être une bonne épouse et une bonne mère. Ce sont des expériences que partagent de nombreuses femmes, en Italie comme ailleurs, et qui renvoient à des inégalités persistantes dans la sphère privée et professionnelle.
Antonio Tajani, figure de proue de Forza Italia et ancien président du Parlement européen, est un homme politique de premier plan. Sa vie privée, longtemps restée discrète, est parfois évoquée dans les médias italiens. Il est marié à Brunella et père de deux enfants, Flaminia et Filippo. Sa prise de position sur le choix du conjoint pour son fils intervient alors que les débats sur les droits des femmes, l'égalité des genres et la représentation politique sont particulièrement vifs en Italie. Les propos du vice-président du Conseil ont été interprétés par certains comme le reflet d'une culture politique encore imprégnée de stéréotypes de genre, où la femme idéale est celle qui s'efface au profit de la famille.
La polémique ne devrait pas s'éteindre de sitôt. Elle met en lumière une tension profonde entre les discours publics sur la famille et les aspirations des nouvelles générations, qui refusent de voir les femmes enfermées dans des rôles prédéfinis. Pour beaucoup, le choix d'un conjoint ne devrait pas reposer sur des critères d'apparence ou de « fiabilité » genrée, mais sur l'égalité, le respect et la complicité. En conseillant à son fils de choisir une femme « moins apparente », Antonio Tajani a involontairement relancé un débat nécessaire sur la place des femmes dans la société contemporaine et sur les attentes que l'on continue de leur imposer.