Le mélodrame queer « La Bola Negra », signé par le duo espagnol Los Javis, c'est-à-dire Javier Calvo et Javier Ambrossi, s'impose comme l'un des films les plus remarqués de la saison et pourrait bien figurer dans la course aux Oscars. Long de 159 minutes, le film sortira dans les salles britanniques le 6 novembre. Il a été présenté pour la première fois au Festival de Cannes, où Los Javis ont partagé le prix de la meilleure réalisation avec Paweł Pawlikowski, une distinction qui place d'emblée l'œuvre parmi les titres à suivre.
Construit en triptyque, le récit se déroule à trois époques : 1932, 1937 et 2017. Le contexte historique est celui de la guerre civile espagnole, avec en toile de fond une armée nationaliste soutenue par l'Italie. Dans la première partie, Carlos se voit refuser l'entrée d'un casino, une exclusion qui annonce déjà la façon dont la société traite ceux qui vivent en marge. En 1937, Sebastián est enrôlé de force dans l'armée, où il assiste à des gardes qui blessent un prisonnier, Rafael. La troisième séquence, située en 2017, suit l'historien Alberto, qui découvre les dernières volontés de son grand-père. Le fil conducteur reste l'acceptation de soi et le prix que coûte le fait de dissimuler son identité, une question qui traverse les trois époques sans jamais se réduire à un seul décor.
La distribution réunit Guitarricadelafuente, Miguel Bernardeau, Carlos González et Milo Quifes. Lola Dueñas incarne la mère d'Alberto dans la partie de 2017. Penélope Cruz et Glenn Close apparaissent dans des rôles de cameo, tandis que Federico García Lorca figure parmi les personnages, interprété par Alberto Cortés. La présence du poète, figure majeure de la culture espagnole, rattache le film à un patrimoine littéraire que le public local reconnaîtra immédiatement.
Sur le plan critique, les éloges portent surtout sur les images et l'intensité émotionnelle de l'ensemble. La partie située en 2017 est en revanche jugée moins convaincante que les deux précédentes, ce qui constitue la principale réserve des commentateurs. Un autre point mérite d'être noté : pour les spectateurs qui connaissent peu la guerre civile espagnole, le film apporte un éclairage limité sur ce contexte historique, si bien que la compréhension de certains enjeux suppose une familiarité préalable avec cette période.
Le film a également été distingué à l'occasion du BFI London Film Festival, où il a remporté le prix du public en 2026. Il a en outre été sélectionné pour un prix de meilleur long métrage international indépendant, dont les notes ne précisent ni le nom ni le résultat. Ces succès en festival alimentent les spéculations sur une présence aux Oscars, avec la possibilité d'une nomination dans la catégorie du meilleur film.
Il faut toutefois rester prudent. Ces pronostics ne sont pas des résultats confirmés, et la liste officielle des nommés n'est pas encore connue. À ce stade, « La Bola Negra » reste donc un candidat sérieux, dont la trajectoire dépendra à la fois de l'accueil du public en salles et du verdict de l'Académie.